—Oui, souffla la pauvre enfant découragée.
Alors, l'évêque de X… haussant la voix:
—Chrétiens qui êtes ici présents, nous vous déclarons qu'on a publié trois fois, en cette église, les bans du futur mariage, entre Barthélemy-Léopold-Jean de Lévigny et Marie-Louise de Thorvilliers, sans qu'il se soit trouvé aucun empêchement ou opposition.
Le prélat promena son regard sur l'assemblée, pour la prendre à témoin, et acheva lentement, solennellement:
—Nous vous annonçons, pour la dernière fois, la résolution qu'ils ont prise de s'unir ensemble par les liens sacrés du mariage, et, de l'autorité de l'Église, nous vous commandons à tous, sous peine de péché grave, de déclarer, maintenant, si vous avez connaissance de quelque empêchement, en vertu duquel ce mariage ne puisse être légitimement célébré. Nous vous défendons, sous la même peine, d'y mettre obstacle par malice et sans cause.
Pendant que l'évêque lisait ces paroles du rituel, un prêtre assis dans le chœur, et qui était en prières jusque-là, se leva de sa stalle et s'avança.
Aux derniers mots, il était derrière l'évêque; quand la lecture fut achevée, il écarta de la main le diacre qui assistait l'évêque, et surgissant, blanc de visage dans son blanc surplis, grand et grandi par l'attitude, il dit d'une voix haute, sonore, qui retentit sous la coupole:
—Sur mon honneur de chrétien, sur ma foi de prêtre, je déclare qu'il y a un empêchement à la célébration de ce mariage.
Ce fut un coup si brusque qu'il entra sans tumulte jusqu'au fond de l'auditoire.
L'évêque se recula avec stupeur. Le prêtre se mit à sa place, devant les deux fauteuils dorés qu'il dominait, et, étendant ses mains comme pour une bénédiction sur Louise qui le regardait effarée, éblouie, il continua, dans ce silence violent que causait la surprise: