Le sang-froid poli avec lequel ces propos étaient débités me fit sourire:

—Et si je consens à vous donner ces détails, monsieur, me laisserez-vous libre? continuai-je, en raillant à mon tour.

—Quel droit ai-je sur vous, señorita? Vous serez parfaitement libre.

—Eh bien, monsieur, répliquai-je, je viens chercher la mort, parce que je suis pauvre et que je ne veux pas mendier.

—Vous tuer pour si peu! jolie comme vous l'êtes! demanda mon interlocuteur.

—C'est précisément parce que je suis jolie que je me tue. L'argent serait trop dur à gagner.

Je parlai sans doute avec une énergie sincère; le jeune homme en fut frappé et garda quelques instants le silence.

—Êtes-vous satisfait, monsieur? lui demandai-je.

—Encore une ou deux questions, señorita, et je me retire.

—J'écoute.