—Que voulez-vous, señora? ma clef ne vaut pas la vôtre.
—Votre argent, votre or, ne vaut pas non plus ma clef, repartis-je. Ce n'est pas un jeu que j'ai accepté, monsieur, c'est un duel, vous l'avez dit. Je me bats et je ne joue pas. Si je perds, c'est-à-dire si je suis vaincue, vous aurez ce que vous demandez; mais si je gagne, à mon tour, j'exige plus que cet argent qui salit les doigts et qui me laisserait une tache ineffaçable.
—Que voulez-vous donc? demanda gravement mon adversaire.
—Je veux que notre duel soit un duel à mort... Je veux que vous mouriez, si vous êtes vaincu. Faisons un pacte; engagez-vous par serment à vous tuer, sur un mot, sur un signe de moi, si vous perdez; et moi, je m'engage sur mon honneur, sur mon salut éternel, à vous donner cette clef si vous la gagnez.
—Mais la clef n'est qu'un gage.
—Croyez-vous donc que je n'aie pas bien compris, dis-je avec emportement, et est-il nécessaire de me faire penser à cette honte, avant de savoir si j'aurai à la subir? Me promettez-vous, monsieur, sur votre honneur de soldat, d'exécuter loyalement de votre côté l'engagement que vous aurez pris?
—Sur mon honneur de soldat; et aussi vrai que je me nomme Lopez je l'exécuterai.
—Si vous perdez, vous vous tuerez?
—Si je perds, je me tue!
—Bien! moi aussi, dans le même cas je m'acquitterai; mais Dieu ne voudra pas que je perde.