Au bout des deux jours, Wolff n'y tint plus; il voyait M. Arnold si triste, si abattu qu'il résolut de lui venir en aide.

—J'ai tant d'amitié pour lui qu'il me permettra peut-être de pénétrer son secret, dit-il.

Dès les premiers mots, maître Arnold laissa échapper un véritable sanglot.

—Ah! mon ami, je suis le plus malheureux des hommes! et j'allais précisément monter pour vous consulter.

—Disposez de moi, monsieur Arnold, comme d'un fils.

—Bon Wolff! ce n'est pas vous, n'est-ce pas, qui songeriez jamais à enlever une fille à son père?

—Comment! mademoiselle Gertrude!

—Oui, ma fille, mon bonheur, vous, cette maison, Gottlieb en veut à tout cela! et..... je ne sais comment lui résister.

—Mais en lui retirant votre amitié s'il en abuse, en lui fermant votre porte s'il vous manque d'égards.

—Ah! mon ami, vous ne savez pas ce que vous me conseillez là! c'est précisément l'impossible. Chasser Gottlieb! quand c'est lui!... Non, non, je n'ai qu'à mourir, cela vaudrait bien mieux, pour moi, pour elle, pour tout le monde.