—Ne renoncez pas à tout espoir, dit-il à M. Arnold, en faisant un effort sur lui-même pour parler.
—Je n'ai pas tout dit, reprit M. Arnold en sanglotant. Gottlieb ne vous aime pas. Il prétend que vous avez juré de le rendre ridicule. Il m'a dit que votre présence ici nous faisait du tort à tous et...
—Et il exige que je m'en aille, n'est-ce pas? dit le pauvre jeune homme qui s'étonnait d'avoir le courage d'entendre ces cruelles confidences.
M. Arnold fit un signe de tête qui équivalait à une réponse affirmative.
—Eh bien, je m'en irai, mon vieil ami, mais quand je serai convaincu que je n'ai plus d'autre service à vous rendre. Avez-vous interrogé mademoiselle Gertrude?
—Je n'ai pas osé encore, et si vous vouliez...
—Que je lui parle de cet horrible projet? moi!
—Oui, vous, mon ami, pourquoi pas? demanda simplement M. Arnold; vous êtes avec moi et Marguerite son ami le plus cher. Elle vous dira tout à vous.
Wolff, dont le premier mouvement avait été de refuser, se ravisa tout à coup.
—Pourquoi pas? se dit-il aussi à lui-même; de quel droit hésiterais-je à lui parler? Est-ce que j'ai un intérêt?