—Maintenant que nous sommes d'accord, reprit Gertrude avec une sérénité de martyre, racontez-moi donc ce qui s'est passé.

Wolff transmit tous les détails qu'il avait reçus de M. Arnold. Quand il eut fini:

—Vous avez raison, mon ami, dit la jeune fille. Mon pauvre père ne pourrait pas quitter la maison. Monsieur Wolff, vous me promettez de le consoler si je meurs bientôt.

—Ah! Gertrude! vous vivrez!

—Prenez garde, monsieur Wolff, vous allez mentir, dit avec un sourire angélique la pauvre enfant. Mais ne laissez jamais supposer à mon père que j'ai pu sacrifier quelque chose à son bonheur. Je paye assez cher son repos pour qu'aucun remords ne vienne le troubler. C'est tout ce que vous avez à me dire, n'est-ce pas?

—Tout.

—Eh bien! vous voyez, cela ne demandait pas tant de préparation. Bonsoir, monsieur Wolff, ajouta Gertrude qui se mit à enrouler son ouvrage, et qui, pour la première fois, ne tendit pas la main à son voisin.

Le pauvre Wolff comprit cette réserve. La jeune fille se sentait déjà fiancée à un autre. Il se leva, salua et se dirigea lentement vers la porte. Comme il allait sortir:

—Monsieur Wolff, dit Gertrude d'une voix qui, malgré ses efforts, se voilait de larmes, je devrais vous dire adieu, car vous partez demain, sans doute.

L'étudiant se retourna, et joignant les mains avec ferveur: