—Marguerite, prenez bien garde! ne laissez rien deviner à M. Arnold. Je partirai demain matin.
—Déjà!
—Oui, il n'est pas convenable que je reste. D'ailleurs, je n'aurais peut-être pas le courage de me taire. Marguerite, jurez-moi, sur votre salut, que vous ne quitterez par Gertrude.
—La quitter! pourquoi donc la quitterais-je? Ah! il faudra pourtant bien, car je suis bien vieille, et un jour ou l'autre...
—Jurez-moi, Marguerite, si elle était malheureuse, si elle souffrait... (Mais il est bien évident qu'elle sera malheureuse et qu'elle souffrira!) Jurez-moi, si elle était malade, de me faire prévenir par un mot; vous saurez toujours mon adresse. Je ne vivrai pas loin d'elle.
—Je vous promets, monsieur Wolff, dit la vieille bonne qui pleurait à son tour.
—Allons, Marguerite, dites-moi adieu et embrassons-nous.
—Ah! mon Dieu! mon Dieu! moi qui rêvais tant de vous servir et de vous appeler mon maître.
—Vous ne m'appellerez que votre ami, Marguerite.
—Qu'est-ce que nous allons devenir? Jésus! Marie!