Et la vieille servante se jeta en sanglotant dans les bras de Wolff, qui fut obligé de la consoler et de lui renouveler ses instructions. Au point du jour, sans avoir revu personne et en laissant un mot d'excuse et d'adieu pour M. Arnold, Wolff quitta la maison. Il fut tout surpris de ne pas sentir son cœur se déchirer plus profondément quand il franchit le seuil. L'amour invincible qu'il emportait lui laissait, en dépit de tous les événements et de toutes les conjectures, une espérance qui rayonnait tout au fond de son cœur, même à travers la pensée de la mort et du tombeau.
M. Gottlieb devait venir dans la journée chercher la réponse. Il fut exact. Marguerite, en lui ouvrant la porte, le regarda d'un air si farouche, que l'ancien joaillier en conçut bon espoir. M. Arnold, un peu embarrassé, ne sachant trop s'il devait se réjouir ou se désoler de la soumission de sa fille, triste d'ailleurs du départ de son ami Wolff, s'avança au-devant de son débiteur:
—Bonjour, Gottlieb.
—Bonjour, Arnold. Eh bien! quelles nouvelles?
—Elles sont ce que vous désirez qu'elles soient.
—Comment! vous me payerez?
—Oui, je vous donne ce que j'ai de plus précieux, de plus cher au monde.
—Quoi! mademoiselle Gertrude!
—Elle consent.
—Et votre voisin, notre ami Wolff, que dit-il?