On arriva à la petite maison du faubourg.
—M. Gottlieb dort peut-être, dit Wolff avec ironie; nous allons le réveiller.
—Ne le calomniez pas, répondit Gertrude avec douceur; lui aussi souffre beaucoup, je le sais.
—Eh bien! voilà une visite qui va le consoler, reprit Wolff avec un accent dans lequel on sentait une fureur sourde. Et saisissant le marteau de la porte, il frappa deux coups avec violence.
—Vous frappez comme pour réveiller un mort, dit Gertrude.
—Je frappe au nom d'une morte et à la porte d'un tombeau.
Gertrude ne répondit rien. Des pas se faisaient entendre; on vit briller une lumière par le trou de la serrure.
—Il hésite à ouvrir, murmura Wolff; il a peur.
Mais comme s'il eût voulu démentir cette assertion, M. Gottlieb, qui en effet avait peur et se consultait, ouvrit résolument la porte, en avançant sa bougie, sans doute en guise d'arme offensive, au moins, contre les visions et les fantômes.
A la vue de sa femme, qu'il croyait étendue dans son cercueil, M. Gottlieb poussa un cri sourd; sa figure se contracta; jamais l'épouvante ne mit une empreinte plus rapide, plus énergique sur un visage. Il voulut parler, recula jusqu'au milieu du couloir, en agitant ses mains, et tout à coup tomba foudroyé.