—C'est un service que personne ne lui demandait, dit madame Vernier, avec un petit sourire ironique et en regardant Stanislas Robert.

—Qu'en savez-vous, madame? reprit la señora Mendez, avec un incomparable accent de fierté.

—A quoi bon ce débat! dit vivement le peintre; l'histoire de notre ami Frantz est fort touchante et passablement morale. J'y trouve cette vérité: c'est que l'amour est agréable à la Providence et que le mariage a souvent tort, aux yeux même de l'éternelle sagesse.

—Voyez-vous ce que c'est que le sophisme! dit Frantz en se récriant; M. Robert va nous prouver le contraire de ce que j'ai démontré.

—C'est que tout est vrai dans les histoires du cœur, dit Ottavio, et que chacun y trouve ce qu'il y met.

—En somme, dit sir Olliver, ce conte nous démontre une fois de plus l'inconvénient des inhumations trop précipitées.

—C'est-à-dire, ajouta madame Vernier, que ceux qui ont la fatuité de se croire morts vivent souvent fort bien.

—Prenez garde, milord, dit Stanislas Robert, dont l'humeur s'aigrissait sensiblement, ceci me semble une allusion directe, et une flèche à l'endroit de la cuirasse de pierre que vous portez sur l'estomac.

Sir Olliver sourit.

—Ne serait-ce pas l'occasion d'obtenir de milord l'accomplissement de sa promesse? reprit Ottavio. Nous nous sommes tous exécutés. Je propose de mettre sir Olliver en accusation, s'il hésite un jour de plus à remplir les engagements qu'il a pris envers ses sujets.