—Ah! Fritz, disait-il, la belle rencontre! la belle soirée!
Le couple avait repris en silence sa promenade. Il semblait que cet incident eût dérangé quelque chose de son bonheur. Comme on sortait de l'allée qui conduit au vieux château:
—Ce bonhomme est un peu fou, dit la jeune femme avec un accent ironique.
—Pourquoi? parce qu'il a parlé de notre amour? demanda le jeune homme avec un sentiment d'inquiétude.
—Oh! non; car je confesse, Gérard, que vous avez toute l'apparence d'un amoureux.
—Doutez-vous de ma tendresse, madame?
—Allons! encore des reproches! Vous avez l'Allemagne mélancolique, mon cher!
—Et vous, Angèle, vous l'avez bien froide.
—Mais enfin, Gérard, puisque je suis là, à vos côtés, puisque j'ai mon bras sur le vôtre, puisque je dois être votre femme!... N'est-ce pas une preuve, cela?
—Oui, votre présence est incontestable; mais vous n'attendez peut-être qu'une occasion pour repartir. Oui, votre bras est sur le mien; mais c'est à peine si vous vous appuyez. Oui, vous avez tout quitté; mais vous regrettez tout!