7 ans 10 h. 6 h. 4 h. 4 h. 8— 10— 6— 4— 4— 9— 10— 6— 4— 4— 10— 9— 6— 5— 5— 11— 9— 5— 6— 4— 12— 9— 5— 6— 4— 13— 9— 4— 7— 4— 14— 9— 4— 7— 4— 15— 8— 4— 8— 4—

Ainsi, jusqu'à dix ans, l'enfant se levant à six heures du matin sera couché à huit heures du soir; à dix ans, on commencera à le laisser veiller jusqu'à neuf heures, et à quinze ans seulement il lui sera permis d'attendre dix heures.

Les heures de repos sont consacrées aux repas et à la toilette, bains, etc. Les heures d'exercice comprennent la promenade, les leçons de gymnastique, de danse, de natation, etc.

CHAPITRE XXIII

PARALLELE ENTRE JEUNES FILLES.

J'ai eu hier la visite de deux jeunes abonnées bien dissemblables, et je pourrais dire que si la première pouvait s'appeler «comme il faut être», la seconde serait désignée «comme il ne faut pas être».

Toutes les deux avaient dix-huit ans, mais leur éducation a été bien différente, ou plutôt le principe, l'idée qui y a présidé, car toutes les deux ont été élevées en pension; toutes les deux ont d'excellents parents qui les aiment tendrement, toutes les deux sont de familles respectables, quoique n'appartenant pas à la même position sociale.

Eudoxie est héritière d'une fortune immense; fille unique d'un père qui a gagné des millions dans la manipulation des cuirs, elle a été gâtée à l'excès. Sa grosse maman n'a d'yeux que pour elle, et son papa n'a jamais voulu admettre que l'on pût contrarier sa fillette. Elle a été élevée dans la première maison d'éducation de Paris, c'est-à-dire qu'elle a la réputation d'y avoir été élevée parce qu'elle y est restée une année à l'époque de sa première communion, et y va faire une petite retraite tous les ans à la même époque. Le reste du temps, elle l'a passé chez ses parents, à être tour à tour gourmandée ou gâtée avec excès par sa mère, flattée par son père, tiraillée par une miss anglaise qui essayait en vain de la faire travailler. Elle est très mal élevée; sa voix est rude et forte, son geste beaucoup trop violent et libre, elle a le ton cassant qu'elle a emprunté aux pièces de théâtre où sa mère la conduit depuis son enfance, sous le prétexte de ne pas la laisser avec les domestiques.

Elle a l'habitude de prendre part à la conversation, de couper la parole à son père quand il parle, et de dire au nez des gens tout ce qui lui passe par la tête, à tort et à travers, enfin une vraie enfant terrible. Elle se croit fort spirituelle parce qu'on rit lorsqu'elle parle, et qu'on s'écrie: «Est-elle drôle! oh! oh!… ah! ah! est-elle amusante!» Ne voulant pas faire un mauvais compliment à ses parents, on ajoute quelquefois: «Elle a bien raison! Elle est franche!… ah! c'est charmant… Vous avez une charmante fille… un vrai petit démon!»

Et le papa et la maman se rengorgent de fierté.