—C'est une erreur; voyez, moi!
En même temps, une forte quinte la secouait, ses yeux fiévreux et bistrés s'enfonçaient, sa frêle taille s'ébranlait. Il était difficile de se retenir de lui répondre: «Je serais bien fâchée de vous ressembler!»
Que de parents disent: «Voyez, moi! J'ai toujours été mauvaise tête comme mon fils; je n'ai jamais voulu rien apprendre!… Eh bien, je m'en suis sorti tout de même!
—Moi, je n'ai jamais aimé le ménage; ma fille me ressemble! Il m'a été impossible de tout temps de coudre un point, et de rester un jour sans sortir…
—Elle est un peu moqueuse, c'est vrai, reprend une autre, c'est un défaut qu'elle tient de famille; nous avons trop d'esprit. Elle ne fait pas grand mal!»
Que dire? que répondre? sinon s'incliner bien bas en parodiant la chanson de Nadaud:
… Vous avez raison!
L'erreur greffée sur l'orgueil humain est indéracinable, et voilà pourquoi le mal fait sans cesse des progrès.
Il est donc résolu de laisser les enfants s'élever eux-mêmes; à eux de choisir la religion qu'ils veulent suivre, la carrière, les sentiments!
Aussi, dans toutes les classes, chez le millionnaire comme chez l'ouvrier, l'enfance se gangrène; l'enfance n'existe plus; il n'y a que de petits hommes, de petites femmes, sauf la raison que donne l'expérience des années.