Aussitôt qu'une température modérée arrive, un enfant doit aller bras, jambes, cou et tête nus. La tête principalement doit être tenue à l'air autant que le soleil le permet, et le chapeau doit être aussi léger que possible. Un pantalon court et fermé est indispensable à toute petite fille, autant par hygiène que par décence. On peut le faire en flanelle ou en finette en hiver. Il n'est rien de plus sale et qui indique un enfant mal tenu que les bas mal tirés; cependant il arrive souvent qu'on doive entamer une vraie lutte avec ces chers petits démons pour obtenir ce résultat. Mais l'on doit être inflexible sur ce point. La jarretière doit être en élastique et mise au-dessus du genou; mais un moyen très employé et préférable, c'est d'attacher le bas au corsage de dessous, au moyen d'un long ruban. Les chaussures fortes, à semelles épaisses surtout, ni larges ni étroites, maintiennent le pied et empêchent qu'il ne se déforme. Si l'on permet des talons, ils doivent être très peu hauts et plats.
On ne doit pas permettre à une petite fille de rester en robe de chambre et en pantoufles pour prendre ses leçons.
La nourriture d'un enfant doit être simple et fortifiante, jamais excitante ni stimulante; les piments en sont exclus, ainsi que le café, le thé, le vin pur, les liqueurs. Les sucreries méritent aussi l'expulsion et les farineux s'y trouveront mélangés en petite quantité. De la viande rouge saignante, un peu de viande blanche et du poisson, des légumes aqueux et rafraîchissants, du bon bouillon, du bouillon froid en été, du pain, de bons fruits, jamais ou fort rarement de la charcuterie… On voit qu'ils ne sont pas très à plaindre et que leur menu est déjà assez varié.
Le grand air est leur meilleur apéritif, et ils ne doivent pas en avoir besoin d'autres. Au reste l'éducation est pour beaucoup dans la santé d'un enfant, l'éducation morale aussi bien que l'éducation physique. Les enfants deviennent souvent irritables, nerveux, souffreteux, parce qu'ils sont entourés de trop de soins, qu'ils entendent trop répéter autour d'eux: «Il est si délicat! ça lui fera mal! Il ne faut pas le contrarier, il est nerveux! Il faut lui céder!
L'enfant qui entend ces choses est perdu comme caractère; il ne guérira jamais de la maladie morale qu'on lui inculque; il se croira tout permis, colère, attaque de nerfs, vapeurs, il deviendra bientôt une véritable petite-maîtresse, un tyran. En éducation, le mal est difficile à réparer; on compare souvent l'enfance à une jeune plante, c'est tant qu'elle est jeune qu'il faut la redresser, le moindrement qu'on attende ce sera trop tard, il y aura à craindre de la briser, et il faudra bien plus de ménagement et de temps.
L'habitude a une grande influence sur la santé. On s'habitue au froid, à la chaleur, à la fatigue, au repos. Habituez donc vos enfants de bonne heure à une vie dure, mais qui ne leur semblera pas telle.
A propos de gymnastique, sujet toujours actuel quand il s'agit d'enfants, il est quelques règles hygiéniques qu'il est bon de connaître pour les observer. On doit se livrer à cet exercice de préférence avant le repas, afin de ne pas troubler la digestion et en même temps d'exciter l'appétit. Il faut remarquer que la large ceinture qui accompagne le costume à cet usage, n'est pas simplement un ornement dicté par la mode; elle doit serrer la taille pour maintenir les reins de façon à préserver de faux mouvements. La personne présidant aux exercices de gymnastique doit les faire ralentir et modérer vers la fin du temps qui leur est consacré, au lieu de s'arrêter brusquement, afin que l'effervescence dans laquelle les enfants se trouvent se calme peu à peu. Si les enfants sont en transpiration, on les fera changer de linge après un moment de repos, et s'être essuyés, frottés fortement même, avec une serviette spongieuse.