Elle n’était venue que pour entendre cela. A personne d’autre qu’au prêtre elle n’eût fait voir l’état de son cœur anxieux.
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Laurent n’accompagna pas ses amis dans leurs entreprises d’aujourd’hui.
Depuis sa rencontre de tout à l’heure avec son oncle, une idée s’insinuait lentement en lui. Jamais il ne semblait entendre les paroles qu’on lui disait, ne les entendait pas, en réalité. Mais elles restaient comme semées dans sa tête, et germaient un peu plus tard.
Voici, marchant d’un pas calme, le même galopin qui courait si fort. La tête basse, il réfléchit, tout en avançant sous les arbres de l’allée. Ses grands sourcils, froncés, donnent à son front mat, chargé de boucles noires, une expression qui n’est pas celle d’un enfant. Ses yeux sombres, pleins d’une âme autoritaire, regardent de côté sans rien voir.
Il cessa soudain d’hésiter et se remit à courir.
A la porte du pavillon habité par son oncle, il frappa trois grands coups, d’un geste décidé, violent, comme tous ses gestes. Et parce que l’oncle n’ouvrait pas assez vite, il se mit à trépigner. Enfin, des pas se firent entendre.
—Qui est là?... demanda la voix étonnée de l’oncle.
—C’est moi, Laurent. Ouvre!
Le verrou, la clef, tout grinça. L’oncle Jacques apparut dans l’ombre de son corridor.