—Pourquoi as-tu fait ça? recommença le prêtre avec toute une consternation dans la voix.
L’enfant haussa les épaules.
—Est-ce que je sais?
Fier et traqué, tout à coup il parla, comme s’il eût foncé sur des ennemis.
—Je voulais le casse-tête, je l’ai eu. On n’a qu’à me donner de l’argent. Pourquoi m’a-t-on vendu mon poney? Tant pis pour le petit Quesnot. Il n’avait qu’à ne pas passer dans le chemin. J’avais envie d’essayer mon casse-tête. Je l’ai essayé. Voilà tout.
La rumeur qui suivit ces mots fut sourde et longue. Le premier, l’oncle Jacques éclata:
—La maison de correction! Voilà ce qu’il lui faut!... Du reste, les parents ont dû porter plainte. Et ils ont bien fait!
Mᵐᵉ Carmin retrouva la parole:
—Tu te trompes, Jacques. Ils ne porteront pas plainte...
Clémentine, restée à la porte avec sa figure bandée, hocha lentement la tête. Il y eut un échange éloquent et rapide de tous les regards. Celui de Laurent, pendant une seconde, jeta des éclairs. Tous avaient compris.