Mais elle ne reconnut pas les boucles noires. Il n’y avait pas de boucles noires.

Quand elle voulut interroger de nouveau son interlocuteur, il avait disparu. La tribune achevait de se remplir. L’harmonium joua. La sonnette du clerc mit tout le monde à genoux. La messe commençait.

Troublée, Mᵐᵉ Carmin ne parvenait pas à s’absorber dans la prière. Elle était en état de grâce, ayant fait ses dévotions la veille, à l’église du village. Et c’était aujourd’hui le jour du miracle, le grand jour qui allait sauver l’âme de son fils.

Mais où donc était-il, son fils?

Ses yeux cherchaient, cherchaient, sans cesse ôtés du livre de messe. Elle n’entendit presque pas un mot du prêche.

«Ils se sont trompés!... Il n’est pas là! Je le reconnaîtrais, voyons. Je le reconnaîtrais malgré la distance!»

Elle fit un effort immense pour s’anéantir en Dieu, tandis que les petits approchaient en rang du chœur. «Mon Dieu, sauvez-le!... Mon Dieu, éclairez-le!»

Mais, quand les enfants, aux sons mielleux de l’harmonium, retournèrent, les mains jointes, à leurs places, elle n’eut pas sur les joues les larmes qu’elle avait attendues. Et une amertume immense l’envahit, à cause de l’émotion manquée irréparablement.

Alors elle essaya de se rejeter tout entière dans sa passion humaine, puisque la félicité divine ne l’avait pas visitée.

«Tout à l’heure, je vais le revoir!... Tout à l’heure!...»