Mais il fallut, toujours sans l’avoir discerné parmi les autres, suivre la procession à travers les jardins.
Il y avait partout des statues, des petits autels, une grotte de Lourdes, et, dans le fond, un reposoir où le Salut eut lieu. Les enfants chantèrent des cantiques, comme pendant la messe. Mais la voix de Laurent se perdait dans l’ensemble criard.
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Ce fut au parloir, dans la triste lumière de crypte de ce sous-sol aux chaises de paille, orné seulement d’un grand crucifix sur le mur parfaitement nu.
Elle avait été guidée, avec les autres parents, qui, comme elle, regardaient tout avec des yeux d’angoisse.
Après les jardins était venue une cour aux murs si hauts qu’il fallait renverser la tête pour apercevoir le ciel. Puis l’ensemble des bâtiments était apparu, mornes casernes. Et la vue des fenêtres grillagées avait fait frémir tous les cœurs, épais barreaux évoquant l’évasion, évoquant la prison.
Dans un silence plein de chuchotements, les familles avaient attendu, pères et mères humiliés par leurs enfants.
Les premiers communiants déjeunaient, sans doute. Pendant cette petite attente, Mᵐᵉ Carmin, isolée dans un angle, dévora des yeux les autres, ceux qui souffraient comme elle. Qu’avaient-ils fait, les fils de ceux-là, pour être ici, comme Laurent. Peut-être qu’ils...
—Ah!... cria-t-elle soudain.
Une ombre devant elle. Elle leva les yeux. Laurent?...