Quand, la dernière caisse étant disparue, la porte se referma, la petite fille se retourna vers Nicolas, assis dans le magasin et explorant attentivement un tas de vêtements jetés à terre devant lui. Il sondait avec soin chaque poche, chaque doublure, comme s'il eût craint qu'une fortune fût cachée dans leurs profondeurs. Dieu sait si le vice ou la misère, auxquels avaient appartenu ces vêtements, y avaient jamais rien déposé de semblable!
Sarah vint s'asseoir près de lui et le regarda faire cette opération.
Ayant trouvé quelques menus objets qui lui parurent valoir la peine d'être gardés, il chercha autour de lui un meuble où il pût les serrer, et, tout étant rempli, il prit une malle placée sous une table et allait les y déposer quand Sarah s'écria, en se penchant vers la malle ouverte et en saisissant une petite peinture sans cadre, qui s'y trouvait:
- Qu'est-ce que cela, grand-père?
Le vieillard prit le portrait, et, ses regards étant tombés sur ce visage, auquel un peintre habile avait su donner une apparence de vie, il tressaillit et le rejeta de côté sans répondre. Mais, cette peinture ayant intéressé l'enfant, elle insista:
- Dites-moi de qui est ce portrait?
- Que t'importe?
Le ton de Nicolas était dur et irrité.
- J'ai tant envie de le savoir!
- Tu es bien curieuse!