Le père Jérôme, un plat à barbe sous le menton, se savonnait avec les doigts à l’ancienne mode. Puis, sans miroir, en un tournemain il fut rasé.

— Qui veut l’étrenne ? dit-il plaisamment.

Bernard s’était levé d’un bond et lui avait sauté au cou, plaquant sur ses joues deux baisers retentissants :

— Ah ! ah ! fit le grand-père radieux, qui dit qu’il n’est pas affectueux ce gamin ? Je prétends qu’il a du cœur, moi ; seulement il ne le trouve que quand le corps et l’esprit sont satisfaits ; et ils ne le sont pas facilement ; car il est exigeant, le gaillard !

— Le bonhomme a trouvé le mot, dit Noë en se penchant vers le maître.

— Je le croirais assez, répondit Lazare.

— Vous nous excusez, Monsieur, demanda Catherine ; vous allez manger des restes.

— Eh ! dit Rodolphe, que crois-tu que demande notre maître ; va, il est un travailleur de la pensée comme nous le sommes des mains ; il est simple comme nous, quoique plus intelligent et bien plus savant. Pas vrai ?

— Bien sûr, répondit Lazare vraiment touché, tant cette pensée sincère était proche de la sienne.

— Il faudra tout de même nous avertir une autre fois, reprit Rodolphe ; nous ne sommes pas riches, les tailleurs, mais…