— Vous savez bien que c’est impossible, répliqua Mazelier, riant aussi.
— Évidemment, murmura d’un air convaincu Bernard qui n’en savait rien du tout.
— Tout cela constitue un ensemble de charges héritées de mauvaises années et qui grèvent lourdement notre exploitation. Et pourtant l’affaire est bonne. Voilà une Société au capital d’un million dont 500.000 francs versés ; les actions d’un nominal de 1000 frs cotaient hier en Bourse 4.316 frs. Et je pourrai vous faire voir de beaux bilans ; mais on tue la poule aux œufs d’or.
— Voyons, dit Bernard, vous vouliez me demander quelques suggestions au point de vue comptable, je crois.
— Oui, revenons à nos moutons. Vous avez un moment ?
Bernard tira sa montre :
— Quatre heures. Eh bien ! mais, fit-il placidement, nous avons jusqu’au dîner.
Ils travaillèrent en effet jusqu’à sept heures. Bernard ébaucha une esquisse de comptabilité qui permît le contrôle constant d’un grand nombre d’opérations incontrôlables en l’état présent. Quand ils se levèrent :
— Tout cela, dit-il, ne peut se faire proprement qu’à condition d’étudier tous les services à fond ; mais je prévois qu’on peut arriver à un mécanisme très souple et qui permette de faire le point à volonté. D’ailleurs, le système de coordination est gouverné par la nature du résultat à faire apparaître, c’est-à-dire par le type du bilan à obtenir, et, en fin de compte, par les articles des statuts relatifs à la répartition et par la géographie présente de vos titres.
— C’est bien juste ce que vous dites là, répondit Mazelier songeur.