— Fauvet est bien fatigué, notre maître, il ne se réconforte pas vite du coup de galoche que lui a baillé la jument de Rébel dans le chemin de Ségrassiés.
— Ah ! bougre, c’est vrai, il faudra que j’aille voir ce coup de nouveau. Il n’a pas plus mauvaise mine, au moins ?
— Non, notre maître, ça irait plutôt mieux, mais la bête est mignarde à cette heure.
— Eh bien ! vous prendrez Laouret.
— Faites excuse, notre maître, mais il tire de traviol avec Caillor. Il vaudrait mieux Roussel.
— Allons, vous avez peur de Laouret, vous aussi ; prenez Roussel avec Caillor. Vous les attellerez à la houe et vous irez refendre les billons au Prunet. Dès qu’ils seront ouverts et que le vent quercynois les aura essuyés vous les herserez et vous les roulerez.
— Et toi, Totumard, tu iras greffer les sauvageons. C’est le bon moment. Quant à vous, Mandine, il faudra venir avec moi dans le jardin : il me semble que le laurier se flétrit. Je ne sais pas ce qu’il peut avoir. Et puis ce soir on cuira le pain. Vous direz à la Tayague de venir vous donner la main.
Bernard s’approcha.
— Le rapport est terminé, mon colonel ?
— Oui, répondit Mauléon en riant. Repos.