— Le major a été tué.
— J’ai écrit à votre régiment. On m’a renvoyé ma lettre avec un mot en bas : Évacué.
Et je craignais que vous fussiez mort de vos blessures. Ah ! la peur horrible… ne pas vous revoir une dernière fois, vous embrasser et puis, vous prendre dans mes bras et, si vous deviez mourir…
— Quoi ? Isabelle.
— Pardonnez-moi… mourir aussi à…
Il la bâillonna de la main. Il se sentait radieux et désespéré. Hélas ! ainsi l’amour véritable était auprès de lui et son cœur si proche d’une autre, répugnante, hideuse.
Isabelle délivrée le regardait tendrement. Chère, chère enfant. Une affection profonde lui restait pour elle qui lui permettait de ne pas décevoir tout-à-fait son amour.
— Je vous retrouve toujours pareille, Isabelle.
— Oh ! je ne change pas, dit-elle.
Parce qu’il l’avait regardée un peu tristement, elle rougit de confusion.