— Ne croyez pas à une allusion, Olivier. Je sais que vous m’avez bien aimée, bien grandement, sinon d’amour, puisque je vis aujourd’hui de ce souvenir. Peut-être ne vous reverrai-je plus, mais je suis heureuse de vous avoir vu. Je venais ici chaque jour. Je me remémorais nos entretiens, je parlais de vous avec le père Budel. Et puis je savais que si vous passiez un jour à Paris vous reviendriez par ici.

« Maintenant, voyez-vous, votre présence va ranimer encore…

« Je vous reverrai le même, un peu triste cependant…

— Oui, Isabelle, pas heureux…

Elle secoua la tête.

— N’en parlons pas. Je ne suis pas votre amie, mon grand. Je serai un jour votre femme, voilà tout.

Elle le prit dans ses bras et l’embrassa. Puis, à l’oreille :

— Quand vous aurez le spleen, Olivier, quand vous voudrez revoir l’Olivier d’autrefois, venez le chercher, il est dans mon cœur. Nous le ressusciterons !

Il la regarda :

— J’ai confiance, dit-elle, avec sa voix ferme, oui, en vous et en moi. Un jour vous me reviendrez définitivement car votre cœur m’appartient comme je suis vôtre. D’ici là je patienterai, je souffrirai, mais le bonheur s’achète bien douloureusement. Sachez seulement aux mauvais jours qu’un asile vous reste.