— Mon cher Olivier, lui dit-il, mon cher Olivier, il faut redevenir toi-même… » De nouveau son cher regard qui l’attirait ; les yeux d’Olivier s’y fixaient. Mais il ne pensait pas à lui. Seule l’image de sa mère l’absorbait. « Par l’amour d’une vivante »… Et puis soudain le charme se rompit. Dans la mémoire passèrent rapidement des images de sa vie, du passé mort et parmi elles quelques-unes qui s’attardaient : son père, sa mère — (maman !…) — il lui sembla qu’il sanglotait et puis, tiens, Isabelle…

Avec un peu plus d’insistance peut-être… Elle ne voulait pas celle-ci faire place à d’autres, se dissiper, un regret au coin de ses lèvres mélancoliques.

Il percevait confusément les paroles de Marc sans bien comprendre. Il était si absorbé. Sans doute Marc le regardait-il toujours. Puis il sentit subitement sa main sur son front : « Réveille-toi… »

— … ce qui se passe là-dedans ? On rêve encore ?

— Allons, dit Rabevel, présenter nos respects au Commandant Palous que j’ai invité et réclamons une histoire à ce vieux loup de mer…

Olivier s’ébroua au son de cette voix.

— Oui, secouons nos rêveries…

— Bonsoir, Messieurs, dit, en les abordant, le pirate débonnaire. Beau ciel, hein ? Pas s’y fier cependant. Tenez, un soir pareil, dans l’Océan Indien…


Quelques jours après, Marc venait voir Olivier qu’il trouva très sombre : « Je comprends ce que tu as, dit-il ; Balbine te traque… »