— Ah ! vous voyez ? fit Béral.

— Je vois très bien. Le contrat prévoyait un essai de réception.

— Qui a donné satisfaction.

— Dont le procès-verbal a indiqué en effet les intensités et les voltages promis.

— Eh bien ! alors ! reprit Béral. D’ailleurs, ajouta-t-il, tenez, mettons ce voltmètre directement aux bornes. Vous lisez bien 225 volts, hein ? Faisons la même expérience avec l’ampèremètre pour l’intensité…

— J’ai fait cela tout à l’heure, vous l’avez bien vu, dit Bernard rudement. Je vous en prie ne m’embêtez pas, hein ? J’ai bien voulu vous raconter comment j’avais été conduit à deviner votre escroquerie mais je n’ai pas décidé de discuter avec vous. La vérité, il n’y en pouvait avoir qu’une : c’est que vous avez truqué les appareils de mesure. Et la preuve, la voici :

Il tira de sa serviette un ampèremètre et un voltmètre, appela le mécanicien : Viens ici, toi… Tenez, pour la tension cinquante volts d’écart avec les appareils que vous avez fournis.

— Qui prouve que ce sont encore les appareils que j’ai fournis qui sont installés là ?

— Nom de Dieu ! s’écria Mauléon furieux et que la fripouille n’intimidait plus.

— Attendez, dit Bernard ; pour faire le métier que vous faites, Monsieur Béral, vous n’êtes pas assez malin. Et les machines qui sont trop faibles, les machines ? prétendez-vous que ce soient là d’autres machines que celles que vous avez fournies ?