— Le charme de ce visage, dit Marc, est de ceux qui demeureront toujours inaccessibles à l’analyse. Voilà vraiment la matière où les agnostiques pourraient utilement s’affirmer.
— Il est d’une qualité si subtile ! dit Olivier.
— Je crois bien ! remarque combien il est à la fois senti et perçu. Notre esprit et notre cœur y ont leur compte.
— Hum ! fit Noë avec un bon sourire.
Marc rougit légèrement.
— Serait-ce vous qui devenez taquin, mon père, dit-il en plaisantant, et pour une fois que j’ai l’occasion d’admirer, m’en priverez-vous ? Je dis et je crois évident que le charme de certains visages féminins nous échappe en son entier. Par bribes, l’intelligence en explique les effets et en suppute la nature. Mais avec quelle incertitude !
— Il est bien sûr, reprit Olivier, que Nicole Vassal était tout à l’heure le centre attractif de notre réunion. Tout venait d’elle et s’y rapportait. A quoi attribuer cette suprématie ?
— A la beauté, sans doute, dit Noë, jointe à cette courtoisie si pure qu’elle est une forme incontestable de la charité.
— Peut-être, répondit Olivier. Il y a là pourtant de bien jolies femmes et même quelques-unes de vraiment belles. Cette madame de Villarais par exemple, offre au plus haut degré le mélange de courtoisie, de dignité et de remarquable beauté qui en font la fleur parfaite d’une race.
— Elle plaît infiniment, concéda Marc ; mais elle n’a pas évidemment ce pouvoir occulte de Nicole, d’autant plus grand chez elle que, ne l’ignorant certainement pas, elle paraît vouloir le réfréner.