Quelle tristesse, quel déchirement apparurent dans les yeux d’Isabelle ! Hélas ! perdre Olivier…

Mais Marc très doucement :

— Vous feriez peut-être un jour, plus tard, quand il sera assagi par quelques secousses comme celle-ci, son bonheur et le vôtre. Mais vous savez bien que vous n’êtes pas de la race de l’aventure.

— Ah ! s’écria-t-elle, mon cher Marc, où n’irais-je avec lui !

— Abandonneriez-vous votre oncle ?

Elle baissa la tête, vaincue ; elle sortit sans pouvoir prononcer une parole ni retenir ses larmes tandis que, le cœur serré, ils la regardaient en silence.

— Quelle enfant digne d’être aimée ! dit Noë quand la porte se fut refermée.

— Quel sort lui est réservé !… Car elle ne sera jamais à personne ; elle est de celles qui n’oublient pas.

— C’est cela qui me terrifie, reprit Noë. Nous allons embarquer Olivier, mais crois-tu que son destin se puisse régler de lui-même ? Crois-tu qu’Isabelle abandonne l’idée de le revoir ? Crois-tu que Rabevel renonce à exercer sur lui son influence ? N’as-tu pas remarqué les yeux qu’a pour lui Balbine et penses-tu qu’elle soit femme à lâcher une proie pareillement convoitée ? Et Vassal ? Comment accepterait-il son déshonneur ? Et Nicole, renoncera-t-elle à être jamais heureuse ?

Il regarda Marc qui rougit.