Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas. Ignavia. Formido. Horror.

1. Vereri exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison d’être dans une dignité qui nous impose ; metuere et timere expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le timens et le metuens craignent de courir un danger ; le verens craint d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12 : “Quid ? veteranos non veremur ? nam timeri ne ipsi quidem volunt.” “Eh quoi ! est-ce que nous ne révérons point les vétérans ? car, pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux-mêmes.” Sen. II, 37.Metuebant eum servi, verebantur liberi, carum omnes habebant.” “Ses esclaves le craignaient, ses enfants le révéraient, tout le monde le chérissait.” Liv. XXXIX, 37.Veremur quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam timemus.” “Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous, si c’est là ce que vous voulez.” Afran. ap. Gell. XV, 13. “Ubi malunt metui quam vereri se ab suis.” “Dès qu’ils aiment mieux être craints que révérés par les leurs.” Sen. Ir. III, 32. “Quibusdam timeamus irasci, quibusdam vereamur.” “Ne nous fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse.”

2. Metus, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et prudence, comme δέος, synonyme de cautio ; timor, la peur par lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, metus, est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée ; la peur, timor, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur. Metus s’oppose à spes ; timor, à fiducia, animus. Cic. Tusc. IV, 31.Confidere decet, timere non decet.” “Il s’agit d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur.”

3. Même différence entre spes, l’espérance, et fiducia, la confiance. Sen. Ep. 16. “Jam de te spem habeo, nondum fiduciam.” “Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires pas encore de confiance.” Tac. Agr. 3. “Nec spem modo ac votum securitas publica, sed ipsius voti fiduciam ac robur assumpserit.” “On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de confiance et de stabilité.” Suet, Cl. 10. “Aliquanto minore spe quam fiducia.” “Il y avait un peu moins d’espérance que de confiance.”

4. Timor présente la peur comme un état passager ; timiditas présente la timidité comme une qualité habituelle qui se comporte, par rapport à l’ignavia, comme le terme précis par rapport au terme général. Lactant. III, 17. “Epicurus... ignavum prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere, timidum militare.” “Epicure ôte aux gens incapables l’accès des affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la guerre.” L’ignavia est l’incapacité de faire aucune action noble et particulièrement aucun exploit courageux ; la timiditas est excusable dans certaines circonstances ; l’ignavia est toujours condamnable.

5. La crainte, metus, et la peur, timor, naissent de la réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de l’inquiétude. L’effroi, horror, et l’épouvante, formido, naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui le rend incapable de se raisonner : mais formido, l’épouvante, exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία ; horror, l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés, etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46.Metus per omnes ac præcipua Germanici militis formido.” “La crainte partout, l’épouvante au plus haut chez les troupes de Germanie.”

Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare. Admirari. Suspicere.

1. Vereri et revereri, avoir du respect ; venerari, témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13.Venerationem sui”, les respects qu’on lui rendrait ; comparez avec matris reverentia, le respect que lui inspirait sa mère.

2. Vereri marque la considération poussée jusqu’à la crainte et à la timidité ; revereri, la crainte et la timidité inspirées par la considération. Dans vereri, c’est la crainte ; dans revereri, la considération qui est l’idée principale. Verecundia signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à-vis d’une personne que l’on considère ; reverentia, la conviction intime que le mérite de la personne justifie cette peur.