3. Venerari ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs ; observare se dit de ceux qu’on rend aux hommes ; colere, des deux. Cic. Rep. I, 12. “Ut... Africanum ut deum coleret Lælius, domi vicissim Lælium observaret in parentis loco Scipio.” “Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain ; à Rome, Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions qu’on a pour un père.” Le venerans ne vise qu’à exprimer le respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la colère des dieux ; le colens vise par des complaisances, des services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé. La veneratio se marque surtout par la prière, le cultus par le sacrifice ; la veneratio est un acte isolé, passager, le cultus, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I, 10. “Vespasianus... Titum filium ad venerationem cultumque (Galbæ) miserat”, c’est-à-dire que Titus devait présenter au nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour.
4. Observare comparé à colere donne à la pensée un tour indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par opposition à la négligence ; mais il ne suit point de là que l’un des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. Colere s’entend de démonstrations palpables, operam ; observare, d’attentions délicates, pietatem, et c’est tantôt aux unes, tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix.
5. Adorare, terme général pour toute espèce de culte rendu aux dieux ; la veneratio tend à se restreindre aux gestes, la precatio aux formules.
6. “Reveremur validas auctoritates ; admiramur raras virtutes ; suspicimus excellentia dignitate.” “Nous respectons l’autorité, nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs.” Je me représente d’ailleurs le reverens dans un état de crainte silencieuse ; l’admirans, dans un enthousiasme bruyant ou du moins visible ; le suspiciens, sous les traits d’une personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité. Revereri se rapporte particulièrement à une supériorité morale ; admirari, à une supériorité intellectuelle et morale ; suspicere, à une supériorité quelconque, même de hasard.
Vernalis. Vernilis.
Vernaliter contient un éloge : avec l’adresse et la prestesse d’un serviteur bien appris et zélé ; il est synonyme de sedulo. Verniliter contient un blâme : d’une manière ignoble et commune qui sent l’esclavage ; il est synonyme de serviliter ; mais verniliter se rapporte à la grossièreté des façons, comme rustiquement ; serviliter, à la bassesse des sentiments, comme servilement.
Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere.
1. Vertere, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν ; torquere, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point fixe ou d’un axe, στρέφειν.
2. Convertere signifie 1º avec un sujet au pluriel : tourner tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. “Ut pæne terga convertant”, “peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la fois” ; 2º par rapport à l’achèvement de l’action : tourner tout à fait. Invertere veut dire seulement tourner à moitié, en sorte que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers ; enfin, pervertere, tourner en sorte que l’objet prenne une fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus dessous.