Abundare. Redundare.

Abundare, abonder, sert, comme περιεῖναι, à parler avec éloge de l’abondance prise comme un symbole de plénitude et de richesse ; redundare, surabonder, se prend en mauvaise part, comme περισσεύειν ; la surabondance est prise comme le symbole de l’excès et du luxe. L’abundans existe en grande quantité, le redundans est superflu et inutile.

Accendere. Incendere. Inflammare. Comburere. Cremare.

Accendere, incendere et inflammare, mettre le feu : accendere, par dehors et par un seul point, comme allumer, ἀνάπτειν ; incendere, par le dedans, comme ἐνδαίειν ; inflammare, enflammer par le dehors ou le dedans, comme ἀναφλογίζειν. Comburere et cremare, consumer et brûler : comburere, comme ϰαταϰαίειν, sur des charbons ardents (c’est le causatif d’ardere) ; cremare, comme πιμπράναι, par flammes vives (c’est le causatif de flagrare). On brûle les morts, mortui cremantur, sur un bûcher flamboyant ; on brûle les vivants à petit feu, vivi comburuntur, et cette manière de parler rend plus frappante l’horreur de la mort par ce genre de supplice.

Accidere. Evenire. Contingere. Obvenire. Obtingere.

Accidere, evenire et contingere marquent des événements favorables ou défavorables, le premier, lorsqu’ils sont inattendus, qu’ils surprennent ; le second, lorsqu’ils sont attendus, pressentis ; le troisième, lorsqu’on les a préparés, amenés ; obvenire et obtingere ne se disent que d’événements heureux. Les accidentia sont l’œuvre du hasard, les evenientia sont des conséquences de nos actions ou des circonstances ; les contingentia, des effets de nos efforts, de nos vœux, de nos fautes ; les obtingentia et les obvenientia, des faveurs du sort. Cic. Fam. VI, 21. “Timebam ne evenirent quæ acciderunt.” “Je craignais de voir ces hasards se réaliser.” Le premier des deux verbes, evenirent, se rapporte à Cicéron lui-même, à ses pressentiments ; le second, acciderunt, regarde les personnes qui se montrent surprises à l’heure de l’événement. Sen. Ep. 110. “Scies plura mala contingere nobis quam accidere”, c’est-à-dire que nos souffrances sont plus souvent les suites de nos propres vœux que l’effet d’un hasard aveugle.