2. Ferre, portare et bajulare n’expriment qu’un rapport éventuel, celui du porteur à son fardeau ; gerere, gestare expriment, comme φορεῖν, un rapport plus particulier, celui du propriétaire à son bien.
Bellum ferre ne signifie guère que inferre ou tolerare bellum. Bellum gerere se rapproche de bellum habere et ne s’applique qu’au peuple entier ou au souverain, à celui qui a pris la résolution de faire la guerre et qui est en état de guerre, mais nullement à l’armée qui combat, ni au général chargé de diriger les opérations. Gerit bellum populus Romanus, administrat consul, capessit miles. Le peuple romain a la charge de la guerre, le consul la conduit, le soldat la fait.
Ferre. Tolerare. Perferre. Perpeti. Sustinere. Sinere. Sustentare.
1. Ferre ne fait voir dans la souffrance qu’un fardeau à porter : c’est un terme impersonnel, comme φέρειν ; tolerare, perferre et pati, perpeti peignent la situation d’esprit de la personne qui porte et qui souffre : le tolerans et le perferens, τολμῶν, supportent la souffrance sans y succomber, avec force et fermeté ; ce sont des synonymes de sustinens ; le patiens et le perpetiens souffrent sans lutter, de bonne grâce ou avec résignation, avec patience ; ce sont des synonymes de sinens. Ferre et tolerare ne peuvent avoir pour régime qu’un nom ; pati peut avoir un nom ou un infinitif.
2. Perferre, et en vieux latin ecferre, est un augmentatif de tolerare, comme perpeti de pati, supporter et souffrir héroïquement. Poet. ap. Cic Tusc. IV, 29. “Nec est malum, quod non natura humana patiendo ecferat.” “Et il n’y a point de mal dont la nature humaine ne triomphe à l’aide de la résignation.” Comparez Sen. Thyest. 307. “Leve est miserias ferre, perferre est grave.” “Il est aisé d’être malheureux, il est difficile de l’être avec constance.” Plin. H. N. XXXVI, 21. “Qui perpeti medicinam non toleraverant.” “Ceux qui n’avaient pas eu la force d’endurer le remède.” Tac. Ann. III, 3. “Magnitudinem mali perferre visu non toleravit.” “Elle n’eut point la force de braver la vue de ce grand malheur.”
3. Tolerare, continuer à se tenir droit et ne pas succomber sous un fardeau ; sustinere, soutenir le fardeau même et ne point le laisser tomber.
4. Pati, laisser faire sans objection, se dit d’un assentiment d’esprit ; sinere, ne pas retenir, n’empêcher en aucune façon, d’un consentement en forme, comme permettre. Pati a régulièrement pour régime l’action même et se construit avec l’infinitif ; sinere, la personne, et il se construit avec ut.
5. Sustinere signifie en général soutenir ; sustentare, soutenir à force de mal et de peine. Cic. Muren. 2. “Quis mihi in republica... debet esse conjunctior quam is cui respublica a me uno traditur sustinenda, magnis meis laboribus ac periculis sustentata ?” “Quel est l’homme d’État sur l’attachement duquel je dois compter ? N’est-ce pas celui que j’appelle moi-même, et moi seul, à devenir l’appui de l’État que j’ai péniblement étayé au prix de grandes fatigues et de grands dangers ?” Curt. VIII, 4, 15. “Forte Macedo gregarius miles seque et arma sustentans in castra venit.” “Le hasard amena enfin dans le camp un simple soldat macédonien qui se traînait avec ses armes.” Comparez avec V, 1, 11. “Tandem Laconum acies languescere, lubrica arma sudore vix sustinens.” “La ligne des Spartiates faiblit enfin, leurs armes leur échappaient de fatigue, ils en soutenaient à peine le poids.”
- Fertilis, v. [Disertus].
- Fervere, v. [Calere].
- Festa, v. [Solemnia].
- Festivus, v. [Lepidus].
- Fidelitas, v. [Fides].
- Ferula, v. [Fustis].
- Fessus, v. [Fatigatus].
- Festinus, v. [Citus].
- Fidelis, v. [Fidus].