Imago. Simulacrum. Statua. Signum.

1. Imago et simulacrum, termes généraux, représentation d’un objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture : l’imago se rattache à l’original, comme la copie au modèle, par une ressemblance frappante, εἰϰών ; le simulacrum s’oppose à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait illusion, εἴδωλον. Statua, signum et effigies sont exclusivement des ouvrages de sculpture ; tabula et pictura, exclusivement des tableaux.

2. Simulacrum et statua s’entendent de la reproduction complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la sculpture ; effigies et imago marquent par préférence la reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits du visage ; effigies, dans la sculpture ; ce sont des bustes ; imago, dans la peinture ; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74. “Alia in statua amputato capite Augusti effigiem Tiberii inditam.” “Il avait coupé la tête à une autre statue qui représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de Tibère.” XIV, 61.Effigies Poppææ proruunt, Octaviæ imagines gestant humeris.” “Le peuple renverse les bustes de Poppée et promène sur ses épaules les portraits d’Octavie.” H. II, 3.Simulacrum deæ non effigie humana.” “La déesse est représentée avec des traits qui s’écartent de la nature humaine.” Cic. Tusc. III, 2, 3. “Optimus quisque consectatur nullam eminentem effigiem (virtutis) sed adumbratam imaginem gloriæ.” “Ce n’est point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les meilleurs d’entre nous.”

3. Signum, toute espèce de sculpture, par opposition à tabulæ et picturæ ; simulacrum, statue sacrée, celle d’un dieu, ἄγαλμα ; statua, statue profane, celle d’un homme, ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8.Simulacra deorum immortalium depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ.” “Les statues sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues profanes des anciens héros abattues.” Verr. I, 22. “Legati deorum simulacra venerabantur, itemque cætera signa et ornamenta lacrimantes intuebantur.” “Les députés adoraient les statues sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et de décoration leur arrachait des larmes.”

Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.

1. Imitari marque simplement, sans idée morale accessoire, un effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet donné ; æmulari marque, outre l’effort d’imitation, le désir d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en honneur, en succès. L’imitatio n’a en vue que l’objet donné ; c’est une tendance généralement modérée et louable ; l’æmulatio n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la peine d’être imitée ; elle se montre toujours sous les traits d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. “Demosthenis orationem habui in manibus non ut æmularer (improbum enim ac pæne furiosum), at tamen imitarer ac sequerer tantum.” “J’ai étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être du moins son imitateur et son élève.”

2. L’æmulus est au-dessous de son adversaire, il vise à l’atteindre et à l’égaler un jour ; le certator et le concertator lui sont égaux, ils visent à le battre et à le vaincre.

3. L’æmulatio dispute une supériorité quelconque ; la rivalitas soutient une lutte pour emporter la première place dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. “Illa vitiosa æmulatione quæ rivalitati similis est, æmulari quid habet utilitatis ?” “A quoi bon poursuivre une personne de cette émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie ?”