1. Invenire, terme général, trouver dans toutes les conjonctures ; reperire et deprehendere supposent un objet caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver : mais le reperiens se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν ; le deprehendens découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. “Perniciem aliis ac postremo sibi invenere.” “De bourreaux qu’ils étaient, ils finirent par se trouver victimes.” Comparez avec XIV, 3. “Cædes quonam modo occultaretur nemo reperit.” “Personne ne vit jour à cacher le meurtre.”

2. Invenire, reperire, deprehendere ont pour terme un objet caché qu’on découvre ; nancisci, adipisci, assequi et consequi, un objet éloigné qu’on atteint : le nanciscens arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le souhaiter ; c’est une rencontre ; l’adipiscens a une lutte à soutenir ; c’est une victoire ; le consequens voit ses désirs comblés, qu’il y ait ou non mis du sien ; c’est un bonheur ; l’assequens voit sa constance et ses efforts couronnés ; c’est un succès. Suet. Tib. 10. “Titus ad primam statim mansionem febrim nactus.” “Titus prit la fièvre à la première halte.” Comparez avec Dom. 15. “Nero in adipiscenda morte manu Epaphroditi adjutus est.” “Néron ne parvint à se donner la mort qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus.” Cic. Att. X, 12.Nactus Curionem omnia me consecutum putavi.” “J’avais eu la chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné.” Rosc. Com. 4. “Ut neque nihil neque tantum quantum postulavimus consequamur.” “Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien.” Dans Cicéron, Mil. 11 : “Nihil dico quid respublica consecuta sit, nihil quod vos, nihil quod omnes boni.” “Je ne tiens aucun compte de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes, de ce que gagnent tous les gens de bien” (à la mort de Clodius à laquelle Milon a seul contribué) ; assecuta sit ne serait pas à sa place, et réciproquement consequuntur serait faible dans ce passage de Sen. Brev. 17. “Operose assequuntur quæ volunt, anxie tenent quæ assecuti sunt.” “Ce qu’ils désirent est pénible à acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder.” Cic. Fam. I, 7, 10. “Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se assequi arbitrabantur, per senatum consecuti sunt.” “Ils ont reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.”

Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio. Detrectatio.

1. Invidia, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme, ὑποψία ; livor, envie dévorante qui infecte l’âme entière et qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.

2. Invidia, terme usuel qui se prend au sens actif pour l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie dont on est l’objet de leur part ; invidentia, néologisme de Cicéron pour l’envie qu’on porte.

3. Invidia et livor présentent l’envie comme un accès passager ; malignitas, comme un défaut d’habitude et de nature, par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’invidus et le lividus envient certains biens à certaines personnes dans certaines circonstances ; le malignus est incapable de rien souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.

4. Invidia, livor, malignitas, ne marquent qu’un sentiment ou un tour d’esprit ; obtrectatio marque une action ou une façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement, par exemple. On ne conçoit point l’obtrectatio sans invidia, mais on peut concevoir l’invidia sans obtrectatio quand l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.

5. L’obtrectatio suppose un rival et tire son origine de la jalousie ; la detrectatio ne suppose qu’un adversaire et provient de l’aversion.