Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere.
1. Ire et meare expriment la marche, en général, comme mouvement d’un lieu vers un autre, ire, ἰέναι, se disant particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de volonté ; meare, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des vaisseaux, des cours d’eau, des astres : c’est un mouvement mécanique auquel la volonté n’a point de part. Gradiri et ingredi, incedere et vadere ajoutent à l’idée générale des idées accessoires et précises sur la manière de marcher : gradiri et ingredi, une idée de calme et de régularité, par opposition à serpere, currere, stare, comme ϐαδίζειν ; incedere, une idée de fierté, de mesure et de convenance à propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à ambulare, comme ἐμϐαίνειν ; vadere, une idée de bonne volonté et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par opposition à repere ? comme χωρεῖν.
2. Ingressus, la marche en général ; incessus, la démarche qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une seconde physionomie. Ingressus est un terme purement physique ; incessus, un terme moral et esthétique.
- Irridere, v. [Ridere].
- Irritus, v. [Frustra].
- Irritare, v. [Incitare] et [Lacessere].
Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere.
Irruere, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie ; irrumpere, pénétrer par force et violence ; ingruere, avec menaces et importunité ; invadere, tomber quelque part avec audace et brusquerie.
Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis.
1. Iter et meatus expriment, au sens abstrait, le chemin qu’on fait, la marche, le voyage : iter, le chemin que fait un être raisonnable ; meatus, celui que fait un être sans raison et sans volonté ; mais via, c’est le chemin sur lequel on marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. “Virtus negata tentat iter via.” “La vertu se fraye des routes nouvelles.” Cic. Att. V, 14. “Iter conficiebamus æstuosa et pulverulenta via.” “Nous cheminions sur une route brûlante et poudreuse.”
2. Iter, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène au but, comme ϰέλευθος ; il n’est pas nécessaire que ce soit une voie frayée et fréquentée. Via, voie sinon construite, du moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par “viarum atque itinerum duces”, des guides tenus de montrer les routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à suivre quand les voies frayées venaient à manquer.
3. Via et iter peuvent être étroits ou larges ; trames, callis et semita ne désignent qu’un chemin ou un sentier étroit : trames, un chemin ou une rue de traverse, à la campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus promptement ou plus secrètement que la grand’route ; semita, un sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté de la route carrossable, οἶμος ; callis, un chemin de montagne ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail, ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. “De via in semitam degredi.” “Quitter la route pour un sentier.” Cic. Phil. XIII, 9, 19. “Egressus est non viis sed tramitibus paludatus”. “Il n’osa suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue de général.” Virg. Æn. IX, 383. “Rara per occultos lucebat semita calles”, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à s’échapper par des sentiers, semita, mais qu’ils ont de la peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, calles.