Des témoignages incontestables refutent toutes ces absurdités. Madame de Châteaubriand parut encore à la cour après la faveur de mademoiselle d'Heilly: il existe dans le recueil des lettres de François Ier, une réponse de madame de Châteaubriand, pour remercier le roi d'une riche broderie qu'il lui envoyait[188]. Brantôme donne quelques détails sur les accidents de cette rupture. Le Roi ayant fait demander à madame de Châteaubriand les joyaux qu'il lui avait donnés, sur lesquels on lisait quelques devises amoureuses composées par la reine de Navarre, madame de Châteaubriand eut le temps de faire fondre ces bijoux, et répondit au gentilhomme messager, en lui remettant des lingots: «Portez cela au roi, et dites lui que, puisqu'il lui a plu me révoquer ce qu'il m'a donné si libéralement, je le lui renvoie en lingots; quant aux devises, je les ai si bien empreintes et colloquées en ma mémoire, et les y tient si chères, que je n'ai pas souffert que personne en disposât, en jouît et en eût de plaisir que moi-même[189].»
Madame de Châteaubriand, loin de mourir de mort violente et jalouse, ne trépassa que longtemps après, et Clément Marot écrivit même son épitaphe en vers d'une haute pensée philosophique:
Sous ce tombeau où gît Françoise de Foix
De qui tout bien, chacun soulait dire
Et le disant, onc une seule voix
Ne s'avança de vouloir contredire.
De grand' beauté, de grâce qui attire
De bon savoir, d'intelligence prompte,
De biens, d'honneur et mieux qu'on ne racompte
Dieu esternel richement l'estoffa.