—Vous avez tort, monsieur Robiquet; dit Fossette avec un fin sourire. Je vais continuer mon histoire, et vous n'y êtes pas flatté. Donc, ma chère Claudine, vous avez vu cet excellent Robiquet. Depuis près d'un an, il me harcèle pour que je devienne son épouse devant Dieu et devant les hommes; comme disait dans ses drames le vieux monsieur à perruque. Oui, Robiquet est aussi simple que cela; il s'imagine qu'on se marie par complaisance. Monsieur Robiquet, je vais vous apprendre mon secret tout entier, et vous satires alors pourquoi je refuse l'honneur de m'appeler Mme Robiquet. Depuis que j'ai l'âge de raison, je me suis juré à moi-même de ne jamais épouser un instrument de musique.

—Mes chants vous déplairaient-ils, mademoiselle Fossette? dit anxieusement Robiquet.

—Non, c'est votre nez en trompette.

—Ah! mademoiselle Fossette, vous regardez mon nez avec des yeux mal disposés; car on m'a toujours dit: «Avec ton coquin de nez, Robiquet, tu as tout l'air d'un mauvais sujet.»

—Comme les nez sont trompeurs! reprit Fossette en riant.

—Allons bon! voilà que vous me reprochez ma vertu, à présent?

—Vraiment, j'ai peur que la présence ici d'un pareil mauvais sujet ne nous compromette, monsieur Robiquet.

—Mais qu'avez-vous donc, Geneviève? s'écria Claudine; comme vous pâlissez!

—Moi; dit Geneviève qui passa la main sur son front. Oh! ce n'est rien, un spasme. C'est fini.

—Ce sera vous, monsieur Robiquet, qui l'aurez bouleversée avec vos airs conquérants.