Geneviève était si reconnaissante de la visite de M. de Lomas, qu'elle ne lui adressa pas un reproche, pas un mot amer. C'était de joie qu'elle pleurait en serrant les mains de son ami.
Ces derniers bonheurs d'une union qui se brise sont souvent plus âpres, plus véhéments, que les félicités d'un amour à son début.
«Calmez-vous, mon amie, lui dit Lionel. Comme vous l'avez pensé, sans mon étourderie qui m'a fait oublier de vous demander votre adresse, je serais venu plus tôt; mais j'ai beaucoup, beaucoup pensé à vous. Je me suis même occupé, ne pouvant vous aider de ma bourse, à vous trouver une meilleure position.
—Oh! que vous êtes bon de songer à moi! Mais ce que je veux de vous surtout, c'est votre affection. Qu'ai-je besoin de luxe? Je gagne à peu près ma vie. Je ne souffre que de votre oubli, de votre froideur.»
Elle se remit à pleurer.
«Voyons! ma Ginevra, tu es une enfant; ne pleure pas. Je ne veux pas que ces beaux yeux soient rouges, entends-tu! Ne vois-tu pas que je t'aime?
—Je ne sais pourquoi, quand je pense à vous, j'ai le cœur serré; et puis, je sens, je devine.... j'ai peur.... Il me semble que le bonheur m'échappe et que.... je vais rester toute ma vie seule avec le remords, avec cette pensée horrible que j'ai torturé le cœur de mes pauvres parents qui m'aimaient tant. Ma mère encore me pardonnerait; mais mon père?...»
Elle se souleva sût son coude.
«Lionel, connaissez-vous Gendoux?
—Oui, j'en ai entendu parler, répondit M. de Lomas en baissant les yeux et la voix.