—L'effet aux lumières doit être splendide; et comme c'est simple! Je voudrais voir cette robe à notre belle Geneviève. Faites donc allumer les bougies, que nous la lui essayions.»

Geneviève voulut s'en défendre.

«C'est une grâce que je vous demande.»

Toute rougissante, l'ouvrière se déshabilla.

Ses épaules et ses bras étaient un peu maigres, mais les lignes en étaient sculpturales. Mme Thomassin lui releva les cheveux de façon à découvrir ses tempes si pures, et lui fit deux grosses coques qui retombaient sur le cou. Puis on passa la robe.

Geneviève se trouvait devant une psyché. En se voyant si belle, elle ne put retenir un cri d'admiration; et elle regarda derrière elle si elle n'apercevait pas l'autre Geneviève Gendoux, la pauvre ouvrière de Lille.

«C'est bien moi,» dit-elle avec un rire frais et coquet, le rire d'un enfant qui n'aurait jamais souffert.

Depuis si longtemps elle n'avait ri ainsi, qu'elle en fut toute soulagée; et son visage, maintenant rasséréné et tout rose de plaisir, de vanité peut-être était si gracieux, si jeune, si suave qu'on lui eût donné quinze ans au plus.

Mme Thomassin et Mme de Courcy étaient émerveillées, presque jalouses de leur création.

«Quelle jolie femme Lomas aurait là pourtant! fit Lucrèce.