—C'est vraiment bien beau, la toilette!» dit Geneviève.
Et elle pensa avec orgueil; «Si ces demoiselles de l'atelier me voyaient ainsi, elles ne me railleraient plus.»
Quand il fallut remettre sa pauvre robe de mérinos qu'elle trouvait si belle autrefois, elle en éprouva une véritable honte. Et maintenant elle cherchait à retrouver sous ce vêtement modeste la Geneviève qui l'avait tout à l'heure éblouie.
Geneviève n'avait jamais été coquette; jamais elle n'avait désiré d'être vêtue avec plus de luxe que ne le lui permettait sa position d'ouvrière. Mais le venin si habilement préparé par Mme de Courcy commençait à s'infiltrer en elle.
«Aimez-vous la toilette? lui demanda Lucrèce.
—Sans doute, madame; mais je ne porterai jamais une robe pareille.
—Savez-vous ce qu'était la personne à qui cette robe est destinée? reprit la couturière. Une piqueuse de bottines qui, il y a six mois, gagnait vingt-cinq sous par jour.
—Elle est mariée? fit Geneviève.
—De la main gauche....
—Elle est belle? interrogea Lucrèce à son tour.