—Vous avez une fille, je crois, cela pourrait l'empêcher de s'établir.»

Gendoux pâlit. La veine qui traversait son front se gonfla, et, regardant M. Daubré d'un air terrible:

«J'avais une fille, mais je n'en ai plus.

—Ah! vous l'avez perdue! reprit M. Daubré frappé du ton de Gendoux; ne travaillait-elle pas dans ma fabrique?

—Oui, elle travaillait dans votre fabrique, et un lâche, un libertin l'a enlevée. Je ne la reverrai jamais.»

M. Daubré se souvint vaguement d'avoir entendu parler de la disparition de Geneviève.

«Auriez-vous donc quelques soupçons sur l'un de mes contre-maîtres?

—Je ne parlerai pas, parce que le moment n'est pas venu. Et puis il me faut des preuves; mais je les aurai.

—Vous devriez du moins me faire part de vos soupçons; je pourrais vous aider à retrouver votre enfant.

—C'est inutile: elle est perdue pour moi, perdue sans retour. Je ne la reverrais pas sans avoir envie de la tuer.