—Moi, j'avoue, fit Laure étourdiment, que le petit Daubré me plairait davantage. M. de Lomas ne me parait pas toujours très-sincère.

—Ah! ma chère, si tu penses à M. Albert, tu as tort; car Madeleine est là qui le soigne, insinua Béatrix, comme pour se venger de la tante Bathilde.

—Ma chère Béatrix, répliqua sévèrement Mlle Borel, Madeleine est une noble fille, tout à fait incapable d'un calcul de ce genre.

—Madeleine est impie et mes filles sont dévotes, fit observer Mme Borel avec sarcasme; voilà pourquoi vous la vantez à leurs dépens.»

M. Borel coupa court à la conversation, qui commençait à s'envenimer. Mais après le déjeuner, Béatrix rejoignit Maxime et lui dit à voix basse:

«Engage M. de Lomas à attendre, pour faire sa demande, le départ de la tante Bathilde.»

D'un autre côté, Lucrèce avait dit à Renardet:

«Il m'importe beaucoup de retarder le mariage de M. de Lomas. Sachez donc de Maxime où en est l'affaire, afin que je mette, s'il y a lieu, des bâtons dans les roues.

Mme de Courcy comptait sur Lionel pour séparer Madeleine et Albert.

[XXIX]