Il attendit jusqu'à trois heures.

Il alluma plusieurs cigares, il les broyait entre ses dents et les jetait au feu. Il cassa deux chaises. Puis il prit un poignard, et, pour échapper à la tentation qui l'envahissait, il en brisa la lame contre le marbre d'une console. Saisissant ensuite un pistolet, il l'arma; et, le spasme de la colère passé, il s'asseyait comme un désespéré, et des larmes de rage et d'amour coulaient de ses yeux.

«Fossette! ô ma Fossette!» s'écriait-il.

Il s'emparait de son portrait, le regardait longtemps, le baisait avec transport, et, l'instant d'après, le jetait loin de lui. Puis il le ramassait pieusement et le plaçait sur son cœur.

À le voir se livrer à de tels enfantillages on eût souri, si ses prunelles qui pâlissaient, si les veines gonflées de ses tempes, si le mouvement sauvage des narines ne l'eussent rendu terrible.

À trois heures et demie, il n'attendit plus. Sa fièvre parut se calmer.

«C'est fini, dit-il, je ne la reverrai de ma vie. Je ne puis m'exposer à souffrir deux fois un pareil supplice.»

Il sonna.

«Faites préparer mon coupé,» dit-il à son valet de chambre.

Il s'habilla lentement. On eût dit qu'il espérait encore.