«Où va monsieur? lui demanda le domestique; car si quelqu'un venait....»
Il pensa à Fossette, qui pouvait arriver encore, et, dans le désir de se venger:
«Vous répondrez, dit-il, que je suis allé chez Mme de Beausire.»
Il voulait en effet se rendre chez Mme de Beausire; mais au lieu de dire au cocher: «rue de la Madeleine, 12,» il lui cria cette adresse: «rue de Venise, 37.»
Il se jeta dans son coupé. Brisé par de si violentes anxiétés, il ferma les yeux comme s'il voulait recueillir ses forces pour les émotions qui l'attendaient encore.
Pendant ce temps, Fossette, elle aussi, souffrait cruellement. Il semblait qu'elle ressentît à distance toutes les tortures de M. de Barnolf. Elle luttait contre sa bonté, qui la poussait à pardonner, et contre son amour aussi, qui l'entraînait vers lui. Bien que sa fierté se révoltât contre l'outrage qu'elle avait subi, elle aimait toujours; elle se représentait les souffrances de Léopold.
Elle se mit à coudre, mais son ouvrage tombait de ses doigts. Elle restait rêveuse, la prunelle fixe, comme si une vision passait devant elle.
Puis elle essaya de chanter pour chasser cette obsession, mais son gosier refusait d'articuler aucun son.
Elle se leva et mit son chapeau. C'était comme un charme qui l'attirait.
Pourtant elle voulut résister. Elle appela Robiquet.