Elle ressentit au cœur une souffrance aiguë, comme si une lame d'acier l'eût traversé.
«Ah! dame! mademoiselle, reprit le domestique, il vous a assez attendue, et même qu'il était fort en colère. La chambre est dans un bel état, allez!»
Elle demanda à entrer dans sa chambre.
Elle vit les tronçons du poignard, et sur une table le pistolet armé; puis elle aperçut à terre son portrait froissé et lacéré.
«C'est un brutal, pensa-t-elle, qui tôt ou tard m'eût traitée comme mon portrait. Tout est fini entre nous. D'ailleurs il ne m'aime plus: cette visite chez Mme de Beausire le prouve assez.
Le cœur navré, elle prit néanmoins son parti.
«Je vous en prie, dit-elle au domestique, M. de Barnolf ne doit pas savoir que je suis venue. Cela le contrarierait, et moi aussi.»
Il promit de se taire.
Elle rentra bien triste, bien désespérée, dans son lugubre taudis de la rue Notre-Dame.
Cependant M. de Barnolf était arrivé rue de Venise.