«Peu m'importe!» répondit-il froidement.
Mais Renardet ne fut pas dupe de cette feinte indifférence.
«Voyons, ajouta-t-il, vous faut-il des renseignements positifs sur la jeune personne?
—Non, merci, je ne l'aime pas. Mais laissons cela; mon cœur est pourvu pour le moment, trop pourvu, car cela me coûte horriblement cher, plus cher même que vous ne le supposez, puisque cela m'oblige à écouter le verbiage d'une fouie de gens qui ne m'amusent pas du tout.
—Bon! voilà une parole qui lui coûtera deux mille francs,» pensa l'agent d'affaires.
Et son regard devint si aigu que Maxime en eût été effrayé, s'il l'eût observé en ce moment.
«Voyons le traité de paix,» reprit-il avec insistance.
M. Renardet renouvela l'air de ses poumons ainsi que le tabac dont il se bourrait les narines. Il frappa plusieurs coups sur sa tabatière, comme si le préambule l'embarrassait, et il commença ainsi:
«Je serai bref et explicite; vous êtes un homme d'esprit, vous me comprendrez. Le sieur Pinsard, qui m'a chargé de vous poursuivre, ne m'alloue que cinq mille francs d'honoraires si j'obtiens le payement intégral des cent quatre-vingt mille francs que vous lui devez. C'est assez maigre, convenez-en, pour toute la peine que vous m'avez déjà donnée. Ce Pinsard, vous le connaissez?
—Beaucoup trop.