L'heure des vêpres, cependant, a sonné; de nouveau les cloches tintent dans l'air tranquille; de nouveau, les groupes de paysans en habits de dimanche se dirigent vers le bourg. Ce n'est pas encore le moment des explications.
Ils s'en vont tous à l'église, et Loïzik trouve le moyen de rester un peu en arrière avec le curé.
—Savez-vous si ma cousine Léna va bien? dit-elle, baissant la voix, bien que son beau-père, qui cause avec le recteur, soit trop loin pour l'entendre.
—Léna m'écrit quelquefois. Elle est toujours pieuse, dévouée à son devoir, et le bon Dieu lui a procuré des amis.
—Alors, elle ne regrette pas le Coatlanguy? dit Loïzik, attristée.
—Oh! si, elle le regrette, bien plus même qu'elle ne s'y serait attendue.... As-tu deviné que je suis ici à cause d'elle, ma fille?
Loïzik pâlit.
—Je l'avais pensé.... Mais mon père ne veut pas la revoir.... Ma pauvre Lénik! Jamais elle ne reviendra, je le sais bien!
—Qui peut le savoir? Il y a des événements qui ouvrent les cœurs les plus fermés, mon enfant.... Je suis venu dire à Alain que son frère est très malade.... Pendant les vêpres, tu vas prier de tout ton cœur, et le bon Dieu viendra à notre aide....
Le visage de la jeune femme s'était assombri. Pendant que le curé de Boulommiers, revêtu de la plus belle chape qui fût à la sacristie, chantait les vêpres que le recteur accompagnait sur l'harmonium, elle pria, en effet, ardemment, pour sa chère cousine et pour cet oncle Hervé qui devait être un si grand coupable....