—Mais je ne le lui ai pas montré!
—Penses-tu tromper un cœur aimant? Alors que moi je te sentais changé, alors que ta mère le voyait et s'en réjouissait, comment peux-tu supposer que tes impressions aient pu lui échapper, à elle?
—Séverin, je voudrais savoir s'il n'y a que cela.... Si j'ai eu des torts, je voudrais... c'est-à-dire je dois les réparer. Veux-tu aller trouver cette cousine, qui sans doute doit avoir sa confiance, et ce curé, qui peut la conseiller?
—A quoi bon? Si elle a refusé de te voir, c'est qu'elle te tient quitte de tout engagement. Et alors, mon avis est que tout est pour le mieux.
Un imperceptible soupir de soulagement échappa à Landry.
—Mais que dire à son oncle de Coatlanguy? Quel récit lui fera-t-elle? Dois-je lui écrire? Séverin, je t'en prie, va à Boulommiers!
Séverin haussa les épaules, et sonna son domestique.
—Ma pelisse, s'il vous plaît.... Il faut que ce soit pour toi, Landry. Je hais d'être mêlé à des histoires de mariage, que ce soit pour les arranger ou pour les rompre.
Il alluma un cigare, et, ayant dégagé sa main de celles de Landry qui la meurtrissaient, il suivi le quai avec l'intention de prendre la rue Bonaparte, où il avait affaire, pour gagner ensuite la gare Montparnasse.
Le froid était assez piquant, mais le soleil brillait, et une course à pied n'avait rien de désagréable. Séverin s'arrêtait de temps à autre devant les boutiques, par une vieille habitude, et tout à coup, il tomba en arrêt devant la petite toile qui avait, la veille, excité tant d'émotion chez Léna.