»Je l'avais été trouver dans un jardin où elle m'avait mandé de venir, et où elle m'avait fait plus d'amitiés qu'à son ordinaire. Comme elle vit qu'il était tard, elle m'ordonna de me retirer. Je lui obéis avec peine, et je passais dans une rue fort étroite, lorsque j'aperçus trois hommes qui, l'épée à la main, en attaquaient un tout seul et qui se défendait vaillamment. Je ne pus souffrir une partie si inégale; je courus pour le seconder; mais, dans le moment que je l'abordais, on lui porta un coup qui le fit tomber sur moi comme un homme mort. Ces assassins prirent la fuite avec une grande diligence; et le bruit ayant attiré beaucoup de gens qui me virent encore l'épée à la main, on ne douta point que je ne fusse du nombre des coupables. Ils se disposaient à me prendre, mais, m'étant aperçu de leurs mauvaises intentions, je cherchai plutôt mon salut dans ma fuite que dans mon innocence. J'étais poursuivi de près, et, de quelque côté que je pusse aller, l'on me coupait chemin. Dans cette extrémité, j'entrevis une porte entr'ouverte, je me glissai dedans sans que l'on m'eût vu entrer, et, tout à tâtons, je montai jusque dans une salle fort obscure; j'aperçus de la lumière au travers d'une porte, j'étais bien en peine si je devais l'ouvrir, et, au cas qu'il y eût du monde, ce que j'avais à dire. J'ai l'air effrayé, disais-je en moi-même, et l'on me prendra peut-être pour un homme qui vient de faire un mauvais coup et qui cherche les moyens d'en faire encore un autre. Je consultai longtemps; j'écoutai avec grande attention si l'on ne parlait point, et, n'ayant rien entendu, enfin je me hasardai. J'ouvris doucement la porte, je ne vis personne; je regardai promptement où je pourrais me cacher, il me sembla que la tapisserie avançait en quelques endroits, et, en effet, je me mis derrière dans un petit coin. Il y avait peu que j'y étais, lorsque je vis entrer Inès et Isabelle. Je ne puis vous représenter, Madame, combien je fus agréablement surpris de connaître que j'étais dans la maison de ma maîtresse; je ne doutai point que la fortune ne se fût mise dans mes intérêts, je n'appréhendais plus rien de ceux qui pouvaient encore me chercher, et j'étais prêt à m'aller jeter à ses pieds lorsque j'entendis Isabelle commencer la conversation.—Qu'as-tu fait aujourd'hui, dit-elle, ma chère Inès? As-tu vu Daucourt?—Oui, dit Inès, je l'ai vu et j'ai lieu de croire qu'il m'aime éperdument, ou toutes mes règles seraient bien fausses; il parle très-sérieusement de m'épouser. Ce qui m'embarrasse, c'est qu'il veut me voir et me connaître.—Et comment pourras-tu te défendre de l'un et de l'autre? poursuivit Isabelle.—Je ne prétends pas aussi m'en défendre, reprit Inès; mais je ménagerai mes avantages autant que je le pourrai. Je n'irai pas m'aviser de me mettre au grand jour avec tous les rideaux ouverts, je prétends qu'ils soient bien fermés et que les fenêtres ne laissent passer que de faibles rayons du soleil qui servent à embellir. A l'égard de ma naissance, j'ai fait dresser une généalogie authentique; il n'en coûte qu'un peu de parchemin demi-usé et rongé des souris, et, pour l'argent comptant, tu sais que mon amant, le fidèle Don Diego, m'en doit prêter. Lorsque Daucourt l'aura compté et reçu, il ne s'avisera pas de soupçonner que des voleurs doivent lui enlever la même nuit de notre mariage. J'ai loué aujourd'hui un bel appartement tout meublé; ainsi tu conviendras que je n'ai rien négligé de tout ce qui peut faire réussir une affaire qui m'est si avantageuse et que je souhaite tant.—Ces précautions paraissent justes, dit Isabelle; néanmoins je crains le dénoûment de la pièce.—Mais toi-même, ma chère, interrompit Inès, que fais-tu?—Bien moins de progrès du côté de l'hymen, dit Isabelle; mais, à la vérité, ce n'est point mon but. Je trouve que Belleville est un honnête homme, je sens que je l'aime; je ne souhaite que la possession de son cœur, et je crois que je serais fâchée qu'il voulût m'épouser.—Ton goût est bizarre, dit Inès, tu l'aimes, ta fortune n'est pas des meilleures, tu serais heureuse avec lui; et, cependant, tu ne serais pas bien aise d'être sa femme.—Et qui t'a dit que je serais heureuse avec lui? interrompit Isabelle. L'amour est si capricieux, qu'à peine les premiers moments de l'hymen en sont agréables; l'amour, dis-je, veut quelque chose qui le réveille et qui le pique. Il se fait un ragoût de la nouveauté, et quel moyen qu'une femme soit toujours nouvelle?—Et quel moyen aussi, s'écria Inès, qu'une maîtresse le soit toujours? Va, mon Isabelle, tes maximes à la mode ne sont pas raisonnables.—Ce que tu prétends, reprit Isabelle, l'est bien moins à mon gré, et, si tu m'en veux croire, tu feras de sérieuses réflexions sur ton âge; car, pour te parler naturellement, tu es vieille et fort vieille; est-il permis, à soixante ans, de vouloir tromper un homme de trente? Il sera enragé contre toi, il te quittera très-assurément, ou bien il te rouera de coups; il arrivera même qu'il ne te laissera qu'après t'avoir assommée. Inès était vive et prompte, elle prit pour un reproche sanglant ce qu'Isabelle lui disait sur son âge, et elle lui donna le plus furieux soufflet qui s'était peut-être jamais donné. L'autre, peu patiente de son naturel, lui en rendit deux. Inès riposta d'une douzaine de coups de poing qui ne lui furent pas dus longtemps. Ainsi nos deux championnes entrèrent dans le champ de bataille; elles commencèrent un si plaisant combat entre elles, que j'en étouffais de rire dans mon coin et que j'avais beaucoup de peine à m'empêcher d'éclater, car je n'y prenais plus d'intérêt, comme vous le pouvez bien penser, Madame, après ce que j'avais entendu de la pièce que l'on me préparait avec tant de malice, et il m'était bien naturel de ne regarder plus Inès que comme une insigne friponne. Isabelle, qui savait les endroits faibles de son ennemie, s'en prévalut si à propos, qu'étant plus jeune et plus forte, elle lui arracha sa coiffure et la laissa toute pelée. Je n'ai, de ma vie, été plus surpris que de voir tomber ainsi des cheveux qui m'avaient paru si beaux et que je croyais à elle; mais ce ne fut qu'un prélude, car, d'un coup de poing, elle lui fit sauter quelques dents de la bouche et deux petites boules de liége qui aidaient à soutenir ses joues creuses. La noise finit là, parce que leurs femmes de chambre, qui avaient entendu ce vacarme, accoururent et les séparèrent avec beaucoup de peine; elles se dirent les dernières duretés, jusqu'à se menacer de révéler à l'Inquisition des crimes affreux qu'elles se reprochaient.

Inès, se trouvant seule avec celle qui la servait, se regarda longtemps dans un grand miroir, et elle protesta qu'il n'y avait point d'outrages qu'elle ne fît à Isabelle pour se venger de ceux qu'elle venait d'en recevoir. Ensuite elle s'assit et prit un peu de repos; on apporta une petite table devant elle sur laquelle elle mit un œil d'émail qui remplissait la place de celui qui lui manquait; elle s'ôta aussitôt tant de blanc et tant de rouge que, sans exagération, on en eût bien fait un masque. Il serait difficile, Madame, de vous exprimer la laideur extraordinaire de cette femme qui m'avait semblé fort belle jusqu'à ce moment. Je me frottais les yeux; je faisais comme un homme qui croit rêver et faire un mauvais songe. Enfin elle se déshabilla et se mit presque nue; c'est ici que je ne vous représenterai rien de cette affreuse carcasse; mais, assurément, il n'a jamais été un pareil remède d'amour: elle avait des concavités partout où les autres ont des élévations. Il semblait que c'était un squelette qui courait dans la chambre par le moyen de quelque ressort. Elle était en jupe avec une mantille blanche sur les épaules, la tête chauve, et ses petits bras maigres tout découverts. Elle se souvint que, pendant le combat, ses bracelets de perles s'étaient défilés, elle voulut les ramasser et elle eut beaucoup de peine à les retrouver, sa femme de chambre lui aidait à les chercher; elles les comptaient ensemble et elles les avaient toutes, à la réserve de deux qui furent bien maudites pour moi. Inès jura par saint Jacques, patron d'Espagne, qu'elle ne se coucherait point avant qu'elle ne les eût retrouvées. Sa femme de chambre et elle regardèrent partout, tirant les tables, renversant les chaises, et jetant, deçà et delà, tout ce qu'elles rencontraient sous leurs mains, car Inès était de fort mauvaise humeur. Comme je la vis venir devers mon coin, la crainte d'être trouvé par une telle furie m'obligea de me reculer tout le plus loin que je pus; mais, par malheur, en reculant, je fis tomber plusieurs bouteilles qui étaient là sur des planches et qui firent beaucoup de bruit. Inès, qui crut que son chat venait de faire ce désordre, cria de toute sa force gato, gato; et, levant aussitôt la tapisserie pour punir le chat, elle m'aperçut, avec un étonnement et une rage qui faillirent à la faire mourir sur-le-champ. Elle se jeta à mes cheveux et me les arracha, elle me dit mille injures; elle était comme forcenée, les veines de son col étaient tellement enflées et ses rides étaient si affreuses, qu'il me semblait voir la tête de Méduse, et, dans ma juste frayeur, je méditais ma retraite, lorsqu'un grand bruit que j'entendis dans l'escalier me causa une nouvelle alarme. Inès me laissa et courut pour savoir ce qui se passait; en même temps toute la maison fut remplie de cris et de pleurs. La justice, qui avait trouvé ce jeune homme dont je vous ai parlé, Madame, étendu sur le carreau, et qui avait été cause que l'on m'avait poursuivi avec tant de chaleur, sut, après quelque perquisition, que c'était le fils d'une dame qui demeurait dans ce même lieu; on le lui rapportait percé de coups et tout sanglant; elle se désespérait à cette triste vue; et, comme j'avais dit quelque chose de mon aventure à Inès, pour lui rendre raison de ce qui m'avait fait venir dans sa chambre, cette mégère ne voulut pas me garder le secret, et, pour se venger et me punir de ce que j'avais découvert ses artifices, elle s'avisa de me dénoncer.—J'ai le meurtrier en mon pouvoir, s'écria-t-elle, venez, venez avec moi, je vais le remettre entre vos mains. Aussitôt elle ouvre la porte de sa chambre, et, suivie d'une troupe d'alguazils, ce sont ceux qui servent de sergents en ce pays-ci, elle me livra avec tous les témoignages nécessaires pour me faire faire diligemment mon procès. J'ai vu ce misérable, disait-elle, qui tenait encore son épée nue toute sanglante du coup qu'il venait de faire; il est entré dans ma chambre pour se sauver et il m'a menacée de la mort si je le décelais. Tout ce que je pus dire pour ma justification ne servit à rien, l'on ne voulut pas m'entendre; on me lia les mains avec des cordes et l'on me traînait en prison comme un malheureux criminel pendant que la charitable Inès, avec la mère et la sœur du blessé, me chargeaient de malédictions et de coups. Elles me firent mettre dans un cachot où je demeurai plusieurs jours sans avoir la liberté d'avertir mon frère et mes amis de ce qui se passait; ils étaient, de leur côté, dans une peine inconcevable, ne doutant plus que l'on ne m'eût assassiné dans quelque coin de rue ou à quelques-uns de mes rendez-vous nocturnes.

»Enfin Belleville, qui continuait de voir Isabelle, lui fit part de son déplaisir, et la pria de lui aider à découvrir tout au moins ce que l'on aurait fait de mon corps; elle fut si soigneuse de s'en informer, que la femme de chambre d'Inès, qui avait reçu d'assez mauvais traitements de sa maîtresse, lui apprit le secret de l'histoire, bien que cette bonne dame le lui eût fort défendu. A cette nouvelle, mon frère alla supplier le Roi d'avoir pitié de moi et d'ordonner que l'on me retirât de ce cachot qui ressemblait plutôt à l'enfer qu'à une prison. Je m'évanouis aussitôt que j'aperçus le jour, j'étais si faible et si exténué que je faisais peur; cependant je ne pus sortir de prison de quelque temps à cause des formalités, et je vous laisse à penser, Madame, ce que je méditais contre la perfide Inès; mais j'ignorais encore si je serais en état d'exécuter tous les projets de ma juste vengeance, à cause que le gentilhomme que l'on avait blessé était toujours fort mal, et que l'on désespérait de sa vie; la mienne en dépendait à un tel point que je faisais des vœux ardents pour lui, et je passais bien des mauvais quarts d'heure dans une si fâcheuse incertitude; mais mon frère, qui était persuadé de mon innocence, n'omettait rien pour découvrir ceux qui avaient fait cet assassinat.

»Il apprit enfin que ce jeune cavalier blessé avait un rival, et il suivit la chose avec tant de soin qu'il sut, de certitude, que c'était de cette part que le coup avait été fait; il fut assez heureux pour le faire prendre, et cet homme avoua son crime, ce qui me tira d'affaire. Je sortis donc et j'en eus une si grande joie, qu'elle me rendit malade pendant plusieurs jours, ou, pour mieux dire, ce fut l'effet du méchant air que j'avais pris dans la prison.

»La méchante Inès, qui n'était pas, de son côté, trop en repos sur ce qui pouvait lui arriver d'un tour aussi gaillard que celui qu'elle m'avait fait, ayant appris que j'étais en liberté et en état de lui faire perdre la sienne, plia bagage et partit une nuit sans que l'on sût quel chemin elle avait pris, de sorte que lorsqu'il fut question de la trouver pour en faire, tout au moins, un exemple parmi les friponnes, cela me fut impossible. Je m'en consolai parce que, naturellement, je n'aime point à faire du mal aux femmes; mais la crainte qu'elles ne m'en fissent davantage m'a fait partir de Madrid, afin d'éviter, tout au moins, celles d'Espagne. Je retourne en France, Madame, continua-t-il, où je porterai vos ordres si vous me faites l'honneur de m'en charger.

»Bien que j'aie eu du chagrin de ce qui est arrivé à ce gentilhomme, je n'ai pu m'empêcher de rire des circonstances de son aventure, et j'ai cru, ma chère cousine, que vous ne seriez point fâchée que je vous en fisse part. Je ne vous écrirai plus que je ne sois arrivée à Madrid; j'espère y voir des choses plus dignes de votre curiosité que celles que je vous ai mandées jusqu'ici.»

De Saint-Augustin, ce 15 mars 1679.

HUITIÈME LETTRE.


Ne grondez point, s'il vous plaît, ma chère cousine, de n'avoir pas eu de mes nouvelles aussitôt que j'ai été arrivée à Madrid. J'ai cru qu'il valait mieux attendre que je fusse en état de vous dire des choses plus particulières. Je savais que ma parente devait venir au-devant de moi jusqu'à Alcovendas, qui n'est éloigné de Madrid que de six lieues. Comme elle n'y était pas encore, je voulus l'attendre, et Don Frédéric de Cardone me proposa d'aller dîner dans une fort jolie maison, dont il connaissait particulièrement le maître. Ainsi, au lieu de descendre dans la petite ville, nous la traversâmes, et par une assez belle avenue, je me rendis chez Don Augustin Pacheco. Ce gentilhomme est vieux. Il a épousé depuis peu en troisièmes noces Doña Teresa de Figueroa, qui n'a que dix-sept ans, si agréable et si spirituelle que nous demeurâmes charmés de son esprit et de sa personne. Il n'était que dix heures quand nous arrivâmes. Les Espagnoles sont naturellement paresseuses; elles aiment à se lever tard, et celle-ci était encore au lit. Son mari nous reçut avec tant de franchise et de civilité, qu'il marquait assez le plaisir que nous lui avions fait d'aller chez lui. Il se promenait dans ses jardins, dont la propreté ne cède en rien aux nôtres. J'y entrai d'abord, car le temps était fort beau, et les arbres sont aussi avancés en ce pays au mois de mars qu'ils le sont en France à la fin de juin. C'est même la saison la plus charmante pour jouir de ce qu'ils appellent la Primavera, c'est-à-dire le commencement du printemps, car lorsque le soleil devient plus fort et plus chaud, il brûle et sèche les feuilles, comme si le feu y passait. Les jardins dont je parle étaient ornés de boulingrins, de fontaines et de statues; Don Augustin ne négligea pas de nous en faire voir toutes les beautés. Il s'y attache beaucoup, et il y fait aisément de la dépense, parce qu'il est fort riche. Il nous fit entrer dans une galerie où il y avait des tablettes de bois de cèdre pleines de livres. Il me conduisit d'abord près de la plus grande, et nous dit qu'elle contenait des trésors d'un prix inestimable, et qu'il y avait ramassé toutes les comédies des meilleurs auteurs. Autrefois, continua-t-il, les personnes vertueuses ne se pouvaient résoudre d'aller à la comédie; on n'y voyait que des actions opposées à la modestie, on y entendait des discours qui blessaient la liberté, les acteurs faisaient honte aux gens de bien, on y flattait le vice, on y condamnait la vertu; les combats ensanglantaient la scène, le plus faible était toujours opprimé par le plus fort, et l'usage autorisait le crime. Mais depuis que Lope de Vega a travaillé avec succès à réformer le théâtre espagnol, il ne s'y passa plus rien de contraire aux bonnes mœurs, et le confident, le valet, ou le villageois, gardant leur simplicité naturelle et la rendant agréable par un enjouement naïf, trouvent le secret de guérir nos princes, et même nos rois, de la maladie de ne point entendre les vérités où leurs défauts peuvent avoir part. C'est lui qui prescrivit les règles à ses élèves et leur enseigna de faire des comédies en trois jornadas, qui veut dire en trois actes. Nous avons vu depuis briller les Montalvanes, Mendozas, Rojas Alarcones, Velez, Mira de Mescuas, Coellos, Villaizanes; mais, enfin, Don Pedro Calderon excella dans le sérieux et dans le comique, et il passa tous ceux qui l'avaient précédé. Je ne pus m'empêcher de lui dire que j'avais vu à Vittoria une comédie qui m'avait semblé assez mauvaise, et que s'il m'était permis de dire mon sentiment, je ne voudrais point que l'on mêlât dans des tragédies saintes qui demandent du respect, et qui par rapport au sujet doivent être traitées dignement, des plaisanteries fades et inutiles. Il répliqua qu'il connaissait, à ce que je lui disais, le génie de mon pays, qu'il n'avait guère vu de Français approuver ce que les Espagnols faisaient; et comme cette pensée le fit passer à des réflexions chagrinantes, je l'assurai que naturellement nous n'avions pas d'antipathie pour aucune nation, que nous nous piquions même de rendre justice à nos ennemis; et qu'à l'égard de la comédie, que je n'avais point trouvée à mon gré, ce n'était point une conséquence pour les autres qui pouvaient être beaucoup meilleures. La manière dont je lui parlai le remit un peu, de sorte qu'il me pria de passer dans l'appartement de sa femme au bout de la galerie.