2o Que la femme appartient à l'homme qui l'a fécondée et s'incarne en elle; proposition prouvée par la ressemblance des enfants de la femme avec le mari, quel que soit le père des enfants.

M. Michelet et ses admirateurs et disciples ne contesteront pas que la seule bonne méthode pour s'assurer de la vérité d'un principe ou de la légitimité d'une généralisation, c'est la vérification par les faits; ils ne contesteront pas davantage que généraliser des exceptions, créer des lois imaginaires et prendre ces prétendues lois pour base d'argumentation, n'appartient qu'aux aberrations du moyen âge, profondément dédaignées des esprits sérieux et d'une raison sévère. Appliquons sans ménagement ces données aux deux principales affirmations de M. Michelet.

Il est de principe en Biologie qu'aucun état physiologique n'est un état morbide; conséquemment, la crise mensuelle particulière à la femme n'est point une maladie, mais un phénomène normal dont le dérangement amène des perturbations dans la santé générale. La femme n'est donc pas une malade, parce que son sexe est soumis à une loi particulière. Peut-on dire que la femme soit une blessée, parce qu'elle a mensuellement une solution de continuité dont la cicatrisation est de quelques lignes? Pas davantage. Ce serait une dérision que de nommer blessé perpétuel un homme auquel il prendrait fantaisie de s'égratigner chaque mois le bout du doigt.

M. Michelet est trop instruit pour que je lui apprenne que l'hémorragie normale ne provient point de cette blessure de l'ovaire, dont il fait si grand bruit, mais d'une congestion de l'organe gestateur.

La femme est-elle malade à l'occasion de la loi particulière à son sexe?

Très exceptionnellement oui: mais dans les classes oisives, où des écarts de régime, une éducation physique inintelligente et mille causes que je n'ai pas à signaler ici, rendent les femmes valétudinaires.

Généralement, non. Toutes nos vigoureuses paysannes, toutes nos robustes femmes des ports et des buanderies qui ont les pieds dans l'eau en tout temps, toutes nos travailleuses, nos commerçantes, nos professeurs, nos domestiques qui vaquent allègrement à leurs affaires et à leurs plaisirs, n'éprouvent aucun malaise ou n'en éprouvent que fort peu.

Ainsi donc M. Michelet, non seulement s'est trompé en érigeant une loi physiologique en état morbide, mais encore il a péché contre la méthode rationnelle, en généralisant quelques exceptions, et en partant de cette généralisation démentie par l'immense majorité des faits, pour construire un système d'asservissement.

Si c'est de la faculté d'abstraire et de généraliser, comme il l'emploie, que M. Michelet dépouille la femme, nous n'avons qu'à féliciter cette dernière.

Non seulement la femme est malade, dit M. Michelet, par suite d'une loi biologique, mais elle est toujours malade; elle a des affections utérines, des dartres, les affections héréditaires peuvent prendre chez elle plusieurs formes effrayantes, etc.